Ramadan 2026 au Maroc : Le Paradoxe Éloquent des Consommateurs, Entre Ferveur et Frugalité
À l’aube du Ramadan 2026, les foyers marocains se préparent à un mois sacré qui, loin d’être figé dans le temps, se réinvente. Une étude approfondie d’Ipsos, intitulée « Le Manuel du Ramadan 2026 – Rapport du Maroc », lève le voile sur des dynamiques contrastées : une augmentation des dépenses cohabite avec une conscience écologique grandissante et un recul notable du gaspillage alimentaire. Un paradoxe fascinant qui témoigne de l’évolution des mœurs et des priorités.
La Spiritualité, Ancre Immuable d’un Quotidien Réinventé
Le Ramadan, au-delà de ses dimensions sociales et économiques, demeure un pilier spirituel inébranlable pour la majorité des Marocains. 86% d’entre eux y voient une période de méditation profonde et de dévotion, tandis que 78% soulignent l’importance des actes de charité et d’un retour aux valeurs essentielles. Cette ferveur religieuse n’empêche pas une adaptation pragmatique aux contraintes du jeûne. Le manque de sommeil, bien que ressenti, ne se traduit pas par une chute drastique de l’activité, les ménages ayant développé une résilience et une organisation permettant de maintenir un équilibre entre les impératifs professionnels et les rituels sacrés.
Le Foyer, Sanctuaire des Traditions, Face aux Mutations
Le mois de Ramadan est intrinsèquement lié à la sphère familiale. L’étude d’Ipsos révèle que 91% des Marocains privilégient le temps passé avec leurs proches, reléguant les interactions amicales au second plan. Cette immersion familiale est souvent teintée de nostalgie, 73% des sondés évoquant des souvenirs émus de repas partagés et de coutumes ancestrales. Cependant, cette introspection s’accompagne d’une observation lucide des changements. Plus de la moitié des personnes interrogées déplorent un affaiblissement de l’esprit originel du Ramadan, et près d’un sur deux constate une diminution de la fréquence des rassemblements autour du ftour. Ces perceptions reflètent les profondes transformations socio-économiques et l’urbanisation croissante du royaume.
La Table du Ftour : Entre Tradition, Santé et Anti-Gaspillage
L’alimentation durant le Ramadan connaît une véritable révolution. Pour 77% des Marocains, c’est l’occasion de « réinitialiser » le corps, et 75%
affichent une conscience accrue pour leur santé. Cette prise de conscience se matérialise par un engouement pour le « fait maison » : près de
94% des foyers déclarent cuisiner davantage, réduisant ainsi leur dépendance à la restauration extérieure et aux services de livraison, qui restent, quand ils sont utilisés, principalement dédiés au ftour. Les rituels demeurent ancrés : 92% rompent le jeûne avec des dattes, et le ftour est un festival d’entrées et de plats conviviaux. Le grignotage entre le ftour et le shour persiste, mais se « verdit », avec 74% des consommateurs optant pour des collations plus saines. Fait marquant, la lutte contre le gaspillage alimentaire prend de l’ampleur : un Marocain sur deux déclare réutiliser les restes, signe d’une maturité économique et environnementale grandissante.
Dépenses en Hausse, Achats Mieux Pensés : La Stratégie des Ménages
Malgré les efforts de rationalisation, le Ramadan reste une période de forte consommation. 65% des ménages reconnaissent dépenser davantage, principalement pour l’alimentation et les préparatifs de l’Aïd. Néanmoins, cette générosité est désormais encadrée par une planification rigoureuse. 40%
des Marocains priorisent la gestion financière, et
35%
mettent de l’argent de côté en prévision de ces dépenses additionnelles. Les courses sont méticuleusement organisées, la chasse aux promotions est de mise, et les achats impulsifs cèdent du terrain à une consommation plus réfléchie. Si les points de vente physiques conservent leur primauté, le commerce en ligne gagne du terrain, notamment auprès des ménages aisés. Le consommateur marocain se révèle à la fois fidèle à ses marques et ouvert à l’expérimentation, surtout si l’offre est pertinente.
L’Écho des Marques : Publicité Omniprésente, Efficacité Confirmée
Le Ramadan est aussi un temps fort pour le marketing.
57% des sondés estiment que le mois sacré est devenu plus commercial. Pourtant, la publicité conserve son pouvoir d’attraction : plus d’un tiers des Marocains ont déjà concrétisé un achat suite à une publicité vue durant cette période, et la mémorisation des marques est significativement plus élevée. Les réseaux sociaux et la télévision restent les canaux privilégiés pour toucher les consommateurs, complétés par l’expérience en magasin et le bouche-à-oreille, soulignant l’impératif d’une approche omnicanale pour les annonceurs.
Ramadan 2026 : Entre Authenticité et Modernité
En somme, le Ramadan 2026 au Maroc se dessine comme un mois de profondes nuances. Il conjugue la persistance d’une spiritualité et de traditions ancestrales avec une consommation plus consciente, plus organisée et moins dispendieuse en ressources. Pour les marques et les distributeurs, le défi est clair : s’aligner sur ces nouvelles attentes, en proposant des produits et services qui résonnent avec les valeurs du mois sacré, tout en offrant praticité et respect de l’environnement. Un équilibre délicat, mais essentiel pour capter un consommateur marocain en pleine mutation.
Source : Ipsos
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