L’Écho Rare d’une Standing Ovation : Quand un Départ Redéfinit le Leadership
La scène, il faut bien l’admettre, est d’une singularité presque déconcertante. Un président sortant, Saâd Benmansour, salué par une ovation debout. Longue, vibrante, et surtout, d’une spontanéité désarmante. Dans le paysage politique qui est le nôtre, une telle démonstration relève moins de la coutume que de l’exception. Pour certains observateurs, elle frôlerait même l’anomalie statistique.
L’Inhabituel Art de Quitter au Sommet
Nous avons été si longtemps accoutumés aux départs contraints, aux congrès empreints de tensions palpables, aux successions arrachées dans la douleur, et aux mandats qui s’étirent, interminables, à la limite de l’éternité. Dans ce contexte, l’idée même de se retirer de la scène au zénith de sa puissance, de passer le flambeau au moment où le parti est au plus haut, apparaît presque… suspecte. C’est une démarche qui défie les réflexes, une audace qui interroge les fondements de notre culture politique.
Le Pouvoir, un Leadership Intemporel
Pourtant, l’expérience de Saâd Benmansour avec le Rassemblement National des Indépendants (RNI) vient bousculer ces certitudes. Lorsqu’il est exercé avec une méthode rigoureuse, une vision claire et des résultats tangibles, le pouvoir n’a pas nécessairement besoin de s’ancrer dans la durée pour asseoir son existence. Il se mue alors, de facto, en un leadership intemporel, dont l’influence perdure bien au-delà de la fonction.
Le Contre-Courant de la « Zaama » Éternelle
Voilà une idée audacieuse, presque subversive dans un environnement où la « zaama » – cette quête perpétuelle du pouvoir et de sa conservation – est souvent la norme. Laisser derrière soi un parti fort, solidement structuré, et dominant, pour accepter de céder sa place au moment où il atteint son apogée, c’est un acte qui va à rebours de bien des pratiques, us et coutumes établis. Les tenants de la « zaama éternelle » ne manqueront sans doute pas de nous rassurer : il ne s’agirait là que d’une heureuse coïncidence, le fruit du hasard et non d’une stratégie mûrement orchestrée.
Au-delà de l’Émotion : Un Message Implicite
La « standing ovation » des milliers de congressistes du RNI, en cette soirée du 7 février, ne peut être réduite à un simple instant d’émotion collective. Elle résonne comme un message, même silencieux. Elle ne s’adresse pas directement aux autres formations politiques pour leur donner une leçon, ni n’invite à des comparaisons hâtives. Chacun, après tout, a son propre style, son propre tempo, ses propres congrès « souverains ».
Cependant, cette scène interpelle. Elle invite à une réflexion profonde sur la notion de leadership, les mécanismes de transmission du pouvoir et la responsabilité historique. Elle met en lumière ces partis qui, parfois, confondent longévité et inertie, ou assimilent le contrôle absolu à la survie même de l’organisation. Elle démontre, avec une clarté éclatante, qu’un dirigeant peut se retirer sans affaiblir son œuvre, et qu’un parti peut se régénérer, voire se renforcer, sans sombrer dans l’implosion.
L’Empreinte Indélébile du Départ
Ce qui s’est déroulé ce soir du 7 février restera, pour certains, un simple hommage, une parenthèse sans lendemain. Mais l’histoire politique, parfois têtue et taquine, a cette faculté de rappeler, à ceux qui préfèrent détourner le regard, que la véritable empreinte d’un leader n’est pas celle à laquelle on s’accroche désespérément, mais bien celle que l’on choisit de laisser derrière soi. Et face à une telle empreinte, effectivement, on ne peut s’empêcher d’applaudir. Debout. Sincèrement.
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