Des secouristes en zodiac évacuant des habitants dans une rue inondée de Ksar El Kébir, avec des tentes d'hébergement en arrière-plan.
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Face à la Fureur des Eaux : La Réponse Exemplaire de l’État Marocain

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Face à la Fureur des Eaux : La Réponse Exemplaire de l’État Marocain

Des rives du Loukkos aux plaines du Sebou, le Maroc a récemment été le théâtre d’une confrontation inédite avec la puissance déchaînée de la nature. Les pluies diluviennes, tombées sans répit ces dernières semaines, ont transformé une catastrophe naturelle potentielle en un véritable test de la réactivité et de la robustesse de l’État. À mesure que les eaux montaient, une mécanique d’intervention d’une précision remarquable s’est enclenchée : alerte précoce, évacuations massives, opérations de secours audacieuses dans les quartiers submergés, gestion stratégique des barrages, et sécurisation méticuleuse des infrastructures vitales. En parallèle, une vague de solidarité populaire, d’une ampleur exceptionnelle, a déferlé sur le pays. Cette synergie d’efforts et cette harmonie d’interventions révèlent une vérité inaltérable : la souveraineté d’une nation se mesure aussi à sa capacité à relever les défis imprévus et à gérer les crises avec une responsabilité inébranlable, un professionnalisme aiguisé et une humanité profonde.

Hiba Chaker | 08 Février 2026 À 19:44

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L’État à l’Épreuve des Crues : Une Réponse Coordonnée

Si l’on évalue un État à la qualité de ses lois en temps de paix, c’est par ses actions face à l’adversité qu’il révèle sa véritable nature. Dans le Nord, lorsque le Loukkos, gonflé par des pluies torrentielles, a débordé de son lit, la ville de Ksar El Kébir a été plongée en quelques heures dans une situation d’urgence critique : routes coupées, quartiers isolés, familles prises au piège par une eau transformée en barrière infranchissable. Dès les premières lueurs de la crise, la réponse a été orchestrée au plus haut niveau : sur les instructions royales de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les Forces Armées Royales ont immédiatement déployé des unités d’intervention. Ces dernières, renforcées en effectifs et en moyens logistiques, ont agi en parfaite coordination avec le ministère de l’Intérieur et les autorités locales pour évacuer, transporter, héberger et porter assistance aux populations sinistrées.

Décrypter la Fureur des Eaux : Les Causes des Inondations

Les inondations qui ont frappé Ksar El Kébir et la plaine du Gharb ne sont pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’un enchaînement hydraulique complexe et précis. Khalid El Ghomari, directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Sebou, apporte un éclairage essentiel sur cette dynamique. Après des années de sécheresse, la région a connu un retour brutal et concentré des précipitations. En l’espace de quelques semaines, plus de 8 milliards de mètres cubes d’eau ont afflué dans les barrages du Royaume, dont près de 95% de ces apports se sont concentrés en moins de deux mois. Une situation hydrologique exceptionnelle qui a mis à rude épreuve les infrastructures et menacé des vies humaines.

Dans le bassin du Loukkos, la pression s’est intensifiée autour du barrage Oued El Makhazine, dont la retenue atteignait environ 988 millions de m³ au 4 février 2026, soit un taux de remplissage impressionnant de 146,85%. Face à cette saturation, les autorités ont dû procéder à des lâchers et déstockages préventifs, libérant plus de 372 millions de m³ d’eau, une mesure jugée indispensable pour prévenir des débordements encore plus catastrophiques.

Ce phénomène n’était d’ailleurs pas isolé : de l’autre côté du détroit, l’Espagne, notamment l’Andalousie, a également connu des épisodes similaires, entraînant des évacuations et le classement de 14 rivières et 10 barrages en niveau de risque «extrême». Au Portugal, un dispositif de secours massif a été mobilisé pour faire face à la même menace. Ces événements replacent la crue du Loukkos dans un contexte régional de perturbations climatiques.

Anticipation et Logistique : L’Art d’Évacuer une Ville

Sur le terrain, là où les discours cèdent la place à l’action, l’intervention publique s’est focalisée sur l’essentiel : sécuriser des périmètres, ouvrir des abris, organiser des évacuations. Une stratégie d’anticipation a été privilégiée : faire évacuer les populations avant que les eaux ne les encerclent, déplacer les familles avant que la panique ne s’installe, et alléger les zones les plus vulnérables avant qu’elles ne se transforment en pièges mortels. Le ministère de l’Intérieur a communiqué des chiffres éloquents : plus de 143 164 personnes ont été évacuées dans plusieurs provinces du Nord-Ouest à ce jour.

Une Chaîne de Solidarité pour les Déplacés

À Ksar El Kébir, l’évacuation a été conçue comme une chaîne logistique complète : extraire les habitants, les répartir, les abriter, puis les ravitailler. Des points d’accueil ont été rapidement établis sur les hauteurs, mobilisant des infrastructures publiques telles que des établissements scolaires, des maisons de jeunes et des espaces culturels. Pour ceux qui n’avaient aucune solution de repli, un dispositif d’hébergement de grande envergure a été mis en place : à l’entrée de Larache, plus de 2 400 tentes ont été dressées, équipées et alignées, offrant un refuge temporaire. D’autres sites ont été activés, comme le Centre national d’estivage à Tanger, accueillant près de 400 sinistrés, et le camp de Sidi Allal Bahraoui près de Kénitra, qui a abrité une centaine de familles.

La question du transport, cruciale pour éviter que l’évacuation ne devienne un péril, a été traitée avec la plus haute priorité. Des solutions concrètes ont été mises en œuvre pour garantir une évacuation rapide et sans contrainte financière : des bus et des trains gratuits ont été affrétés au départ de la gare de Ksar El Kébir, acheminant les sinistrés vers des villes plus sûres. Le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, actualisé au matin du vendredi 6 février 2026, fait état de plus de 154 000 personnes mises à l’abri, soulignant la persistance d’une situation hydrologique préoccupante et la continuité des opérations.

Maintenir le Quotidien au Cœur de la Tempête

Une fois les familles relogées, l’organisation du quotidien a été prise en charge avec une attention particulière : distribution de repas et de vêtements, soins médicaux, et une assistance structurée pour les besoins essentiels. La communication de proximité a joué un rôle central dans cette gestion de crise. Mohamed Simo, parlementaire et président de la commune de Ksar El Kébir, a été omniprésent, multipliant les alertes et les consignes, y compris depuis la gare. Ses messages, diffusés en direct sur les réseaux sociaux, ont été répétés inlassablement, parfois jusque tard dans la nuit, pour convaincre les derniers habitants de quitter les zones à risque. Sa fille, Zineb Simo, également parlementaire, a relayé ces appels à la prudence, exhortant les familles à « monter » vers les hauteurs.

Et tandis que la ville se vidait, l’intendance suivait. Lorsque des boulangeries ont dû fermer leurs portes par mesure de sécurité, la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a déployé deux unités mobiles de boulangerie, capables de produire environ 6 000 pains par jour, avec une capacité d’augmentation à 10 000 selon les besoins. Un détail en apparence, mais un symbole fort : maintenir un semblant de normalité, même lorsque la force des eaux impose l’exception.

La Chaîne des Secours au Cœur des Eaux Submergées

Une fois les évacuations initiales effectuées, la véritable bataille s’est engagée au sein des zones submergées, où l’accès représentait le premier obstacle. La Protection civile, fer de lance de cette intervention, a mené l’essentiel des opérations d’extraction et de mise en sécurité. À bord d’embarcations légères (zodiacs), ses équipes ont effectué des rotations incessantes, naviguant dans des rues transformées en canaux pour secourir les habitants isolés et acheminer du matériel de première urgence. Autour de ce noyau vital, d’autres corps d’intervention ont pris place, agissant en parfaite complémentarité…


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