Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos, s'exprimant lors d'une conférence de presse.
Politique

Corne de l’Afrique : L’Éthiopie exige le retrait des troupes érythréennes et dénonce une « agression »

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« Ce ne sont pas de simples provocations, mais des actes d’agression » : l’Éthiopie somme l’Érythrée de retirer ses troupes de son territoire

La tension monte d’un cran dans la Corne de l’Afrique. Addis-Abeba, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Gedion Timotheos, a lancé un ultimatum sans équivoque à Asmara, exigeant le retrait immédiat des troupes érythréennes de son territoire. Cette escalade verbale, ponctuée d’accusations d’agression et de manœuvres avec des groupes rebelles, fait craindre un embrasement d’un conflit latent entre les deux nations voisines.

L’Éthiopie dénonce une « escalade » et des « actes d’agression »

Dans une missive datée du 7 février et largement diffusée sur les réseaux sociaux, le chef de la diplomatie éthiopienne n’a pas mâché ses mots. Il a fustigé l’« incursion des forces érythréennes en Éthiopie et leurs manœuvres récentes avec des groupes rebelles éthiopiens », y voyant le signe que « le gouvernement érythréen a choisi la voie d’une escalade ».

L’exigence est claire : Asmara doit « retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et (…) cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles ». Pour Addis-Abeba, ces actions ne sont plus de « simples provocations, mais des actes d’agression pure et simple ». Malgré la gravité des accusations, l’Éthiopie laisse entrevoir une porte de sortie diplomatique, affirmant qu’il est « possible de briser ce cycle de violence et de méfiance par le dialogue et l’engagement diplomatique ».

Le lourd héritage de la guerre du Tigré

La présence érythréenne en territoire éthiopien n’est pas nouvelle. Des soldats d’Asmara occupent des zones frontalières dans la région du Tigré (nord) depuis le conflit dévastateur de 2020. À l’époque, l’Érythrée avait apporté son soutien militaire à l’armée éthiopienne face aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Un accord de paix, signé en novembre 2022 et dont l’Érythrée fut étrangement absente, prévoyait pourtant le retrait de toutes les troupes étrangères du Tigré, une clause restée lettre morte.

Ce conflit, l’un des plus meurtriers de ces dernières années, aurait fait au moins 600 000 victimes selon les estimations de l’Union africaine, un bilan que de nombreux experts jugent malheureusement sous-estimé. Sollicité, le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, n’a pas encore réagi à ces nouvelles accusations.

Accusations de massacres et enjeux maritimes

Ces derniers mois, les deux capitales se sont livrées à une joute verbale incessante. Le 3 février, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a franchi un cap en accusant publiquement l’armée érythréenne d’avoir commis des « massacres » durant le conflit au Tigré. Des allégations que Asmara a promptement qualifiées de « mensonges ». Il est à noter qu’Abiy Ahmed avait lui-même mis de longs mois à reconnaître l’implication des troupes érythréennes, pourtant accusées de crimes de guerre par de nombreuses organisations internationales.

Le communiqué éthiopien ne manque pas de piquant en évoquant les conditions d’un dialogue futur. En cas de « réponse positive à notre demande légitime de respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Éthiopie », Addis-Abeba se dit « disposé à s’engager de bonne foi dans des négociations en vue d’un règlement global de toutes les questions d’intérêt commun, y compris les affaires maritimes et la question de l’accès à la mer par le port d’Assab ». Une mention qui résonne comme une provocation directe pour l’Érythrée, qui voit son voisin enclavé lorgner sur son précieux port d’Assab, un désir maintes fois exprimé par Abiy Ahmed ces derniers mois.


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