Volkswagen : le géant allemand s’incline face à la Chine et adopte la technologie Xpeng pour survivre
Un séisme dans l’industrie automobile mondiale. Face à une concurrence chinoise féroce et un effondrement spectaculaire de ses ventes sur le premier marché mondial, Volkswagen, le titan allemand, opère un virage stratégique d’une ampleur inédite. Loin de ses bastions historiques, le groupe de Wolfsburg confie désormais l’avenir de ses véhicules électrifiés en Chine à un acteur local : Xpeng.
Le Pacte Chinois : Xpeng, le sauveur inattendu
Dans les entrailles de l’usine d’Anhui, loin des bureaux d’études germaniques, se dessine le nouveau visage de Volkswagen en Chine. Reuters a révélé cette semaine la décision historique : d’ici 2028, l’intégralité des modèles électriques et hybrides du groupe destinés à l’Empire du Milieu reposeront sur l’architecture CEA, fruit d’une collaboration étroite avec le constructeur chinois Xpeng. C’est un aveu, à peine murmuré, de l’incapacité du géant européen à rivaliser seul sur un terrain qu’il dominait il y a encore peu.
Les chiffres sont éloquents. Cette nouvelle plateforme promet une production 30 % plus rapide et un coût réduit de 40 % par rapport à l’architecture MEB, fierté de l’ingénierie allemande. Le cycle de développement, de l’esquisse au véhicule prêt à rouler, est ramené à seulement 18 mois. Une agilité impensable pour les standards européens, mais indispensable pour la « vitesse chinoise » et les « attentes des clients chinois », comme l’a concédé Finn Cemmasson, responsable de l’intégration logicielle et matérielle chez VW.
Le premier fruit de cette alliance, l’ID. Unyx 07, a déjà quitté les chaînes d’assemblage. Une dizaine de nouveaux modèles, incluant des motorisations thermiques, sont attendus dès l’année prochaine, marquant une dépendance croissante envers le savoir-faire local.
Deux continents, deux stratégies : la schizophrénie de Volkswagen ?
Pendant que la Chine voit Volkswagen s’agenouiller devant Xpeng, le groupe déploie une tout autre tactique de l’autre côté du globe. L’alliance RV Tech, scellée avec l’américain Rivian et dotée d’un budget pharaonique de 5,8 milliards de dollars, vise les marchés européen et américain. L’objectif ? Développer une solution logicielle de pointe, destinée à être licenciée à d’autres constructeurs, un modèle économique radicalement différent.
Cette dualité stratégique révèle une tension palpable au sein du groupe. Rivian se concentre exclusivement sur les véhicules 100 % électriques, tandis que Volkswagen est contraint de prolonger la vie de ses motorisations thermiques, notamment en raison des difficultés rencontrées sur l’électrique. Conséquence directe : Cariad, la filiale logicielle maison, initialement vouée à une refonte ou une dissolution, survit à grands frais, tentant de colmater les brèches technologiques. Un coût exorbitant qui grève lourdement la rentabilité globale.
La débâcle chinoise : un réveil brutal
Ces manœuvres stratégiques ne peuvent masquer l’amère réalité : Volkswagen est en perte de vitesse alarmante en Chine. Le groupe, autrefois leader incontesté, a chuté à la troisième place en 2025, dépassé par les géants locaux BYD et Geely. Les chiffres sont sans appel : une baisse de 8 % des immatriculations sur l’année, et un effondrement sidérant de 44 % sur le segment électrique, alors même que le marché global des VE progressait de 32 %.
Cette chute libre s’explique par une inertie coupable face à l’électrification fulgurante du marché chinois. Les constructeurs locaux ont pris une avance considérable, non seulement sur les logiciels embarqués et l’autonomie, mais aussi sur l’expérience utilisateur, devenue un critère d’achat primordial. L’ironie du sort veut que Xpeng, le nouveau partenaire de Volkswagen, ait annoncé fin 2024 l’ouverture de sa plateforme logicielle d’aide à la conduite autonome à des partenaires commerciaux. Le premier client ? Volkswagen, bien sûr.
Le pari est audacieux, la dépendance est lourde. Volkswagen joue sa dernière carte en Chine, espérant que l’agilité et l’innovation de Xpeng lui permettront de reconquérir un marché vital. Mais cette capitulation technologique sur un front majeur soulève des questions fondamentales sur l’avenir de l’ingénierie allemande et la capacité des constructeurs historiques à s’adapter à la révolution électrique mondiale.
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