Maroc : Le Départ Stratégique d’Akhannouch, un Séisme Annoncé pour le RNI ?
L’onde de choc résonne encore sur la scène politique marocaine. Le 11 janvier dernier, Aziz Akhannouch, figure de proue et Premier ministre en exercice, a créé la surprise en annonçant qu’il ne briguerait pas un troisième mandat à la tête du Rassemblement National des Indépendants (RNI). Une décision qualifiée de « personnelle » par l’intéressé, qui invoque la volonté de « rompre avec la figure du chef indéfiniment reconduit ». Pourtant, les statuts du parti, bien que limitant à deux les mandats consécutifs, auraient pu être amendés, comme l’ont déjà fait d’autres formations politiques. Un geste qui interroge et dont les répercussions pourraient être profondes pour le RNI et l’équilibre de la coalition gouvernementale.
Un Retrait Calculé au Cœur de la Tempête Sociale
Pourquoi un tel timing, en pleine effervescence de la Coupe d’Afrique des Nations ? L’analyse de Moulay Hicham Mouatadid, expert en stratégie politique, éclaire cette énigme : « Il s’agit moins d’un renoncement forcé que d’un retrait anticipé et calculé, destiné à reprendre l’initiative politique plutôt que de la subir. » Cette manœuvre tactique intervient après des mois de tensions sociales intenses, où Aziz Akhannouch, troisième fortune du royaume et ancien dirigeant d’Akwa Group, fut la cible privilégiée du mouvement de la GenZ réclamant sa démission. Les soupçons de conflits d’intérêts, touchant également plusieurs membres de son gouvernement, ont alimenté la contestation. Ce départ, bien que présenté comme volontaire, pourrait ainsi être le fruit de pressions sous-jacentes. Moulay Hicham Mouatadid le confirme : « Son leadership aurait mécaniquement fait de lui le point de cristallisation exclusif du mécontentement, au risque d’user durablement son capital politique et celui de son parti. »
L’Après-Akhannouch : Un RNI en Quête de Nouveau Souffle
Le Rassemblement national des indépendants, longtemps identifié à la figure charismatique d’Akhannouch, se trouve désormais à un carrefour décisif. Le congrès extraordinaire, prévu ce samedi 7 février, doit désigner son successeur. Le nom de Mohamed Chaouki circule déjà, suscitant une certaine perplexité parmi les observateurs. Jassim Ahdani, correspondant de Jeune Afrique au Maroc, souligne : « Il n’a pas la carrure politique ni le poids national que celle de son prédécesseur. » À seulement huit mois des législatives de septembre, ce changement de leadership pourrait fragiliser le RNI, offrant une opportunité inespérée à ses concurrents, y compris au sein du Parti Authenticité et Modernité (PAM), pourtant allié au sein de la majorité. L’avenir du RNI, et par extension celui de la coalition gouvernementale, semble plus incertain que jamais sans son architecte principal.
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