Le Maroc, Locomotive Industrielle d’Afrique : La Manufacture Caracole en Tête des Exportations
, le 7 février 2026 – Le Royaume chérifien s’affirme plus que jamais comme un acteur économique incontournable sur la scène africaine. L’édition 2025 du rapport annuel de l’Observatoire Marocain de la TPME (OMTPME), dévoilée en janvier dernier à Casablanca, jette une lumière crue et fascinante sur la vitalité du tissu entrepreneurial national. Une révélation majeure : l’industrie manufacturière s’impose désormais comme le fer de lance des exportations marocaines, un moteur puissant propulsant le pays vers de nouveaux sommets économiques.
L’OMTPME : Un Baromètre Précis de l’Économie Marocaine
Créé en 2013 par Bank Al-Maghrib et une constellation de partenaires publics et privés, l’Observatoire Marocain de la Très Petite, Petite et Moyenne Entreprise (OMTPME) est devenu une référence incontournable. Grâce à une collecte de données rigoureuse et continue auprès d’institutions clés comme la Direction Générale des Impôts (DGI), l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC) et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), l’Observatoire a bâti un répertoire quasi-exhaustif des entreprises formelles et actives du Royaume. Cette sixième édition marque une expansion significative du champ d’analyse, offrant une granularité et une profondeur inédites.
Un Tissu Entrepreneurial en Pleine Mutation
Le rapport 2025 dresse un panorama détaillé des Entreprises Personnes Morales Actives (EPMA) au Maroc. Les chiffres de la DGI pour 2024 sont éloquents : 380 000 entreprises personnes morales ont honoré leurs obligations fiscales. Les micro-entreprises dominent ce paysage avec une part écrasante de 86,6%, suivies par les très petites entreprises (TPE) à 7,4%. Le dynamisme entrepreneurial est palpable : l’OMPIC enregistre 68 000 nouvelles sociétés personnes morales créées en 2024, soit une hausse de 5,5% par rapport à 2023. Cependant, cette effervescence s’accompagne d’une réalité plus sombre : le nombre de dissolutions a également progressé de 6,3% en 2024, atteignant 11 596. Quant aux formes juridiques, la Société à Responsabilité Limitée (SARL) reste indétrônable, concentrant 51,7% des entreprises, tandis que les Sociétés Anonymes (SA) maintiennent une présence stable à 2,1%.
Concentration Sectorielle et Régionale : Les Pôles de Croissance
L’analyse sectorielle révèle une prédominance du commerce et de la construction, qui accueillent plus de la moitié des EPMA. Pour les moyennes et grandes entreprises (ME/GE), le commerce représente 37,6% de l’effectif, et la construction 15,6%. Chez les micro et petites entreprises (Micro/PE), ces proportions s’établissent respectivement à 28,2% et 23,2%. Géographiquement, la région de Casablanca-Settat confirme son statut de poumon économique, agrégant près de 38% du total des EPMA. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra (14,1%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (12,7%). Ensemble, ces trois régions, formant l’axe stratégique Tanger-El Jadida, concentrent plus de 64% de l’activité entrepreneuriale du pays.
Le Chiffre d’Affaires Global en Hausse, la Manufacture en Vedette
Les indicateurs économiques sont au vert. Le chiffre d’affaires (CA) global des EPMA a bondi de 9,4% en 2024 pour atteindre 2 628 milliards de dirhams. Les grandes entreprises (GE) sont les locomotives de cette croissance, générant 63,7% du CA total, devant les petites entreprises (PE) à 13,8%, les moyennes entreprises (ME) à 12,8%, les TPE à 5,7% et les micro-entreprises à 4%. Trois secteurs se partagent l’essentiel du CA cumulé (73,1%) : le commerce et la réparation automobile (34,9%), l’industrie manufacturière (25,4%) et la construction (12,8%). Seules les industries extractives marquent le pas, avec une baisse de 22,3% de leur CA en 2024, principalement due à la chute de 24,8% de l’extraction de minerais de fer.
L’Exportation : La Manufacture, Championne Incontestée
C’est sur le front de l’exportation que l’industrie manufacturière brille de mille feux. Après une croissance modérée en 2023 (+4,8%), le CA à l’export des EPMA a rebondi de 12,7% en 2024, atteignant 521 milliards de dirhams. Les grandes entreprises en sont les principaux artisans, réalisant près de 80% de ce volume. Mais la véritable star est la manufacture, qui a exporté pour 294 milliards de dirhams, soit un impressionnant 56,5% du CA total à l’export, en hausse spectaculaire de 42,7% par rapport à 2023 (44,6%). Le secteur du commerce suit avec 87,9 milliards de dirhams d’exportations (+10%), représentant 16,9% du total. À l’inverse, les industries extractives subissent un revers majeur, leur part chutant de 15,5% à 5% suite à une baisse de 62,8% de leur CA à l’export, imputable quasi-exclusivement à l’extraction de minerais de fer.
Le Maroc, Pôle Industriel Stratégique en Afrique
Cette performance exceptionnelle de l’industrie manufacturière, notamment portée par les secteurs automobile et aéronautique, consolide la position du Maroc comme un pôle industriel stratégique en Afrique. Le cabinet international BMI, filiale de Fitch Solutions, le confirme en classant le Royaume au deuxième rang des marchés automobiles les plus dynamiques de la région MENA pour les nouveaux projets d’investissement en 2025, avec 23 initiatives recensées.
Précisions sur les Données : DGI vs. Office des Changes
Il est crucial de distinguer les sources de données pour une compréhension fine des chiffres. Les données de la DGI se basent sur les déclarations fiscales des entreprises exportatrices, incluant le chiffre d’affaires facturé à l’export, même si le paiement n’a pas encore été encaissé. En revanche, les statistiques de l’Office des Changes se fondent sur les déclarations bancaires et ne comptabilisent que les montants effectivement rapatriés en devises. Elles offrent une mesure directe de la contribution des exportations aux flux financiers extérieurs et à la balance des paiements. Ainsi, en 2024, le CA à l’export des EPMA selon la DGI s’élevait à 520,5 milliards de dirhams, tandis que le total des produits exportés enregistré par l’Office des Changes atteignait 455 milliards de dirhams. Cette différence s’explique par l’intégration, dans les chiffres de la DGI, des ventes facturées mais non encore encaissées.
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