Jack Lang, ancien ministre de la culture, lors d'un événement à l'Institut du monde arabe à Paris, le 30 mars 2017.
Politique

Affaire Epstein : Jack Lang cède à la pression et démissionne de l’IMA

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Affaire Epstein : Jack Lang cède à la pression et démissionne de l’IMA

Paris, France – L’onde de choc de l’affaire Jeffrey Epstein continue de secouer la sphère publique française. Après des jours de spéculations et d’appels pressants, Jack Lang, figure emblématique de la culture française et président de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a annoncé samedi 7 février qu’il « proposait » sa démission. Une décision dont l’Élysée et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ont rapidement « pris acte », ouvrant la voie à une succession par intérim.

Une décision sous haute pression

La pression était devenue intenable. Depuis la publication, le 30 janvier, de millions de documents par la justice américaine dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein, les liens de Jack Lang avec le financier et criminel sexuel ont été scrutés à la loupe. Son nom, mentionné à 673 reprises dans les échanges exhumés, a provoqué une véritable tempête politique, malgré l’absence de charges formelles à son encontre à ce stade.

La réaction de l’Élysée et du ministre

Convoqué au Quai d’Orsay à la demande expresse du président Emmanuel Macron et du ministre des Armées Sébastien Lecornu, Jack Lang a anticipé la décision. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a confirmé au Monde avoir « pris acte » de cette proposition de démission et a immédiatement enclenché la procédure pour trouver un successeur. Un conseil d’administration extraordinaire de l’IMA sera convoqué dans les sept prochains jours pour désigner un président ou une présidente par intérim.

Les motivations de Jack Lang

Un climat « délétère »

Dans sa lettre adressée à M. Barrot, l’ancien ministre de la Culture exprime son indignation face au « climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés ». Un environnement qu’il qualifie de « délétère », de « révoltant » et de « répugnant », et qui, selon lui, « ne peut que nuire à cette magnifique institution » qu’est l’IMA.

Volonté de préserver l’IMA

C’est donc pour « préserver l’Institut du monde arabe » et pour « pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui [l]’assaillent » que Jack Lang a choisi de proposer sa démission. Il souhaite que celle-ci soit officialisée lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire, afin d’assurer une transition en douceur et d’éviter toute rupture de continuité à la tête de l’institution.

L’ombre de l’enquête judiciaire

Les « Epstein files » et leurs implications

Les révélations des ‘Epstein files’ ont mis en lumière des interactions régulières entre Jack Lang et le défunt financier. Si l’ancien ministre a d’abord « assumé pleinement [ses] liens » passés, il a ensuite affirmé avoir ignoré le passé criminel de Jeffrey Epstein lors de leur rencontre, il y a « une quinzaine d’années », par l’intermédiaire de Woody Allen. Une « naïveté » qu’il avait invoquée pour écarter toute idée de démission, avant de finalement changer de cap.

L’enquête préliminaire du PNF

La situation s’est complexifiée avec l’annonce, vendredi soir, par le Parquet national financier (PNF) de l’ouverture d’une enquête préliminaire. Cette investigation fait suite aux révélations de Mediapart concernant « les faits révélés (…) relatifs à Caroline et Jack Lang » et leurs liens financiers présumés avec Epstein. Le PNF, spécialisé dans la lutte contre la fraude fiscale, examine désormais de près les transactions et intérêts croisés.

Les liens financiers révélés

Mediapart, s’appuyant sur les nouveaux documents, a détaillé des liens financiers et des intérêts économiques partagés entre la famille Lang et Jeffrey Epstein. Ce dernier avait été condamné en 2008 pour recours à des services de prostituées mineures et était de nouveau inculpé en août 2019, année de sa mort en prison.

Les démissions en cascade

Le cas de Caroline Lang

Avant Jack Lang, sa fille Caroline avait déjà tiré les conséquences de ces révélations. Lundi, elle a démissionné de la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma, suite à la mise au jour d’une société offshore qu’elle avait cofondée en 2016 avec Jeffrey Epstein.

Les sollicitations de Jack Lang à Epstein

Jack Lang lui-même a reconnu avoir sollicité Jeffrey Epstein pour un versement de 57 897 dollars à une association, destiné à financer un film sur les « années Lang-Mitterrand ». Des échanges exhumés montrent également des négociations en 2015 pour la vente d’un riad à Marrakech entre les deux hommes. La correspondance, qui s’est étendue sur plusieurs années, révèle un ton familier, avec des phrases comme « Cher Jeffrey, (…) votre générosité est infinie » (2017) ou la question « Puis-je encore abuser ? » avant une demande de transport en voiture pour une fête parisienne.

Cette démission marque un tournant majeur dans la carrière de Jack Lang et dans la gestion de l’Institut du monde arabe. Alors que l’enquête se poursuit en France, l’ancien ministre devra désormais se consacrer à « récuser toutes les accusations » dans un climat médiatique et judiciaire des plus tendus.


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