Le Maroc lance son Agence
Actualité

Le Maroc lance son Agence Nationale des Avoirs Saisis : Un Tournant Majeur Contre la Criminalité Économique

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Le Maroc s’engage dans une nouvelle ère de la lutte contre la criminalité financière

Face à un vide institutionnel longtemps décrié, le ministère de la Justice marocain s’apprête à franchir un cap décisif. L’annonce de la création prochaine d’une agence nationale dédiée à la gestion des avoirs saisis marque un tournant stratégique. Ce projet ambitieux, mûri depuis deux ans, vise à transformer les fruits de l’illicite en véritables leviers pour le développement public et social, tout en hissant le Royaume aux standards internationaux en matière de répression de la criminalité économique.

Une lacune comblée : l’Agence des Avoirs Saisis prend forme

Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a levé le voile mardi à Rabat sur cette initiative d’envergure. Son département œuvre activement à l’établissement d’une Agence nationale dont le mandat sera triple : gérer, valoriser et, si nécessaire, céder les biens confisqués ou saisis dans le cadre de procédures judiciaires. Une démarche essentielle, car, comme l’a souligné le ministre lors d’une séance de questions orales à la Chambre des Conseillers, le Maroc ne disposait jusqu’à présent d’aucune entité spécialisée dans ce domaine, contrairement à de nombreux pays qui convertissent déjà ces avoirs en ressources précieuses pour leurs politiques publiques et sociales.

Un chantier interministériel de longue haleine

Cette future agence n’est pas le fruit d’une décision hâtive. Elle est l’aboutissement d’un travail collaboratif intense, mené depuis près de deux ans en étroite concertation avec le ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que d’autres acteurs gouvernementaux concernés. L’objectif est clair : doter le pays d’une institution robuste, capable d’assurer une gestion centralisée et efficiente de tous les biens saisis, qu’il s’agisse de propriétés immobilières, de parcs automobiles, d’objets de valeur ou d’actifs financiers complexes.

De la déperdition économique à la valorisation pour l’intérêt général

Jusqu’à présent, l’absence d’un cadre structuré entraînait un gaspillage regrettable. Ces biens, souvent laissés à l’abandon dans les entrepôts des tribunaux ou des administrations territoriales, perdaient de leur valeur faute de gestion adéquate. Une situation que M. Ouahbi a qualifiée de « déperdition économique significative », privant l’État d’un potentiel levier financier et logistique considérable.

La nouvelle agence aura pour mission de rompre avec cette inertie. Dès la saisie, elle prendra en charge ces avoirs, assurant leur conservation, leur entretien, et leur valorisation, jusqu’à leur liquidation ou leur réaffectation. Elle pourra ainsi procéder à la vente des biens, en respectant scrupuleusement les procédures judiciaires, ou les attribuer à des institutions publiques œuvrant dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou l’action sociale. Une véritable « justice restaurative » où les profits du crime sont réinvestis au bénéfice de la collectivité.

Inspirée des meilleures pratiques internationales

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique globale, s’inspirant notamment de modèles éprouvés en Europe. L’exemple de l’AGRASC en France (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués) est souvent cité. Ces structures permettent non seulement de donner une seconde vie aux biens issus d’activités illégales, mais aussi de renforcer la crédibilité et l’efficacité de la réponse pénale face aux fléaux que sont la criminalité financière, le trafic de drogues et la corruption. Le Maroc envoie ainsi un message fort : le crime ne paie plus, et ses retombées serviront désormais à bâtir un avenir plus juste.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *