Cérémonie commémorative organisée par l’AFC/M23 à Goma, le 8 janvier 2026, en hommage aux victimes d’une attaque de drone dans la région de Masisi.
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RDC : Kisangani, nouvelle cible aérienne de l’AFC/M23, le conflit prend une dimension inédite

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RDC : Kisangani, nouvelle cible aérienne de l’AFC/M23, le conflit prend une dimension inédite

La République Démocratique du Congo est le théâtre d’une escalade alarmante du conflit, alors que l’Alliance Fleuve Congo (AFC), alliée au M23, revendique une attaque audacieuse par drones contre l’aéroport international de Bangoka, près de Kisangani. Cet événement, survenu dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026, marque un tournant potentiellement majeur, déplaçant la confrontation terrestre vers une nouvelle « bataille de l’air ».

L’assaut sur Bangoka : entre revendications rebelles et démentis officiels

L’aéroport international de Bangoka, fleuron de l’infrastructure congolaise récemment inauguré en grande pompe par le président Félix Tshisekedi, se retrouve au cœur d’une controverse. Selon l’AFC/M23, une salve d’au moins huit drones kamikazes de type Yiha III aurait été lancée. Le groupe rebelle affirme avoir ciblé et détruit le « centre de commandement des drones militaires » des Forces armées congolaises (FARDC), qui abrite des appareils de surveillance et de combat chinois (CH-4) et turcs (TAI Anka). Pour l’AFC/M23, ce centre était la pierre angulaire des opérations de Kinshasa, accusées de viser « les populations civiles et les positions de l’AFC/M23 ».

Cependant, la version officielle du gouvernement provincial de la Tshopo diffère radicalement. Paulin Lendongolia Lebabonga, gouverneur de la province, assure que l’attaque a été « déjouée » et que les drones ont été neutralisés avant d’atteindre leurs cibles. Des sources sécuritaires évoquent la destruction de six engins par la défense antiaérienne opérée par des contractuels turcs. L’aéroport, quant à lui, n’aurait subi aucun dommage, et le trafic aérien a repris normalement dès le 1er février au matin, avec l’atterrissage du vol du gouverneur lui-même, qui a immédiatement convoqué une réunion de crise.

Une démonstration de force aux implications stratégiques

Au-delà des faits précis, cette attaque, qu’elle soit réussie ou non, revêt une importance capitale. Elle illustre la volonté de l’AFC/M23 de projeter sa capacité de nuisance bien au-delà de ses bastions traditionnels. Sur les réseaux sociaux, Corneille Nangaa, chef de l’Alliance fleuve Congo, a clairement averti : « Chaque menace sera frappée à son point d’origine », proclamant la « caducité » de la supériorité aérienne sur laquelle Kinshasa fondait sa stratégie. Cette déclaration résonne comme un défi direct à la puissance aérienne des FARDC, qui s’appuie sur des Sukhoï-25 et des drones.

Ironie du sort, l’AFC/M23, qui dénonce la « terreur technologique » de Kinshasa, a lui-même largement bénéficié d’un soutien technologique sophistiqué, notamment de l’armée rwandaise, avec des lance-missiles sol-air et des outils de brouillage GPS qui ont paralysé même les avions humanitaires. Les rebelles tentent désormais de brouiller les pistes en affirmant utiliser du matériel « abandonné » par les FARDC, une rhétorique visant à minimiser l’implication étrangère.

Quand la diplomatie s’enlise face à l’escalade militaire

Cette offensive aérienne intervient dans un contexte diplomatique fragile. Des délégations du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 étaient simultanément à Doha, au Qatar, pour des pourparlers visant à consolider un cessez-le-feu et à réaffirmer leur engagement pour la paix. Cette dissonance entre les efforts de médiation et la violence persistante sur le terrain met en lumière les profondes difficultés à désamorcer un conflit aux multiples facettes.

La « bataille des airs » n’est pas nouvelle pour l’AFC/M23, qui a déjà démontré sa capacité à s’emparer d’infrastructures clés comme l’aéroport international de Goma et l’aérodrome de Kavumu. La menace sur l’espace aérien du Burundi, allié de Kinshasa, lors de la prise d’Uvira, avait déjà signalé cette dimension stratégique. Dans ce climat tendu, la réouverture de l’aéroport de Goma, pourtant cruciale pour l’acheminement de l’aide humanitaire, semble plus lointaine que jamais. Le ciel congolais, désormais champ de bataille, promet de nouvelles turbulences pour une paix déjà précaire.


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