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Ksar El Kébir sous les eaux : le silence assourdissant d’une ville engloutie

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Ksar El Kébir sous les eaux : le silence assourdissant d’une ville engloutie

Par Younes Saoury

En l’espace de quelques jours, Ksar El Kébir, joyau du Nord marocain, a basculé dans une réalité quasi-apocalyptique. Submergée par la fureur des eaux du Loukkos en crue, la cité s’est vidée de ses âmes, laissant derrière elle un silence assourdissant, témoin d’une évacuation massive et sans précédent. Plus de 100 000 habitants ont été contraints de quitter leurs foyers, emportant avec eux le strict nécessaire, sous l’œil vigilant des autorités locales et le soutien inestimable des Forces Armées Royales.

Une Cité Fantôme au Cœur de la Tourmente

Les rues autrefois animées de Ksar El Kébir sont aujourd’hui des miroirs boueux, reflétant un ciel gris et lourd. L’eau, implacable, a conquis le terrain, transformant les quartiers bas en labyrinthes aquatiques. Les trottoirs, naguère témoins de mille pas, ont disparu sous une pellicule de limon, tandis que les façades des habitations portent les stigmates d’un départ précipité, d’une vie mise en pause. Au-delà des zones directement touchées, les grands boulevards, les ruelles sinueuses et les places publiques offrent un spectacle irréel : une ville figée, suspendue dans une attente angoissante.

L’Exode Massif : Une Course Contre la Montée des Eaux

L’urgence de la situation a dicté une réponse rapide et coordonnée. Des milliers de familles, leurs biens les plus précieux à la main, ont convergé vers les points de ralliement désignés. Là, des autocars, moteurs coupés mais prêts à démarrer à tout instant, attendent de les emmener vers des havres plus sûrs : Assilah, Tanger, Fnideq, M’diq. Cet exode, orchestré avec une efficacité remarquable, a permis de mettre à l’abri une population vulnérable, mais il a aussi laissé une empreinte indélébile sur le paysage urbain et l’âme de ses habitants.

Le Barrage Oued El Makhazine : Entre Gestion et Contrainte

La crue du Loukkos n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe des lâchers d’eau contrôlés du barrage Oued El Makhazine. Face à un remplissage record, les autorités ont dû prendre des décisions difficiles pour prévenir une catastrophe encore plus grande. Si cette mesure est essentielle pour la sécurité des infrastructures et des populations en aval, elle a paradoxalement précipité Ksar El Kébir dans cette épreuve. La ville vit désormais au rythme des flux du barrage, chaque goutte d’eau relâchée étant scrutée avec une anxiété palpable.

Un Avenir en Suspension

Ksar El Kébir est aujourd’hui une ville en suspens, un tableau poignant de la force de la nature et de la résilience humaine. Tandis que les eaux se retirent lentement, la question de l’après-crue se pose avec acuité. Comment reconstruire ? Comment panser les plaies matérielles et psychologiques ? Le chemin sera long, mais l’élan de solidarité et la coordination des efforts laissent entrevoir l’espoir d’un renouveau pour cette cité meurtrie.


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