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Histoire : Quand Hassan II a demandé la protection américaine pour Houari Boumédiène

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Le Secret Diplomatique d’Hassan II : Quand le Roi du Maroc Sollicitait Washington pour Protéger Boumédiène

Au cœur des années 1970, une révélation diplomatique d’une ampleur insoupçonnée émerge des archives déclassifiées : le Roi Hassan II du Maroc, figure emblématique de la monarchie alaouite, aurait sollicité l’intervention des États-Unis, sous la présidence de Richard Nixon, pour assurer la protection de son homologue algérien, Houari Boumédiène. Une demande stupéfiante, motivée par la crainte que Gamal Abdel Nasser, l’ambitieux leader égyptien, ne cherche à déstabiliser, voire à éliminer, le chef d’État algérien pour asseoir son hégémonie sur le monde arabe. Cette manœuvre audacieuse met en lumière les arcanes complexes et souvent paradoxales des relations inter-maghrébines et la géopolitique de l’époque.

Des Frères d’Armes aux Rivaux : Les Prémices d’une Relation Tumultueuse

L’histoire des liens entre le Maroc et l’Algérie, bien que cimentée par un soutien mutuel durant la Guerre de libération algérienne, fut rapidement assombrie par des désaccords frontaliers post-indépendance. Ces tensions culminèrent en octobre 1963 avec la tristement célèbre Guerre des Sables. Un conflit armé qui, malgré une médiation de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et un cessez-le-feu signé à Bamako en février 1964, laissa des cicatrices profondes.

Le coup d’État du 19 juin 1965, mené par Houari Boumédiène contre Ahmed Ben Bella, son ancien compagnon de lutte et alors président, fut perçu à Rabat comme une opportunité inattendue. Hassan II y vit une chance de tourner la page des hostilités et d’entamer une ère de normalisation avec le voisin de l’Est.

L’Appel Inattendu à Washington : Un Roi Protecteur Face à l’Hégémonie Nassérienne

Le rapprochement, bien que lent, s’amorça. En 1969, Boumédiène se rendit au Maroc, marquant un tournant avec la signature du Traité d’Ifrane, qui voyait le Maroc renoncer à ses revendications sur le « Sahara oriental ». Mais c’est un document déclassifié du Département d’État américain, daté du 7 janvier 1970, qui révèle l’épisode le plus saisissant de cette période.

Hassan II, par l’intermédiaire de l’ambassadeur américain Henry Tasca, alerta Richard Nixon sur un complot visant à assassiner Boumédiène. Le souverain marocain sollicita alors la protection des services de sécurité américains pour le président algérien, craignant un coup d’État orchestré par Gamal Abdel Nasser, avec le soutien du colonel Mouammar Kadhafi. Hassan II exprimait de « profondes préoccupations » quant aux dangers que le « nouveau régime militaire en Libye » représentait pour le Maghreb, redoutant que Nasser ne cherche à remplacer Boumédiène par une figure plus malléable, augmentant ainsi l’influence égyptienne et soviétique dans la région. Il insista sur la nécessité de contrecarrer ce projet nassérien, avertissant d’un « danger réel sur toute la côte sud de la Méditerranée, qui pourrait basculer vers un contrôle communiste » si aucune mesure n’était prise.

Des Éclaircies Diplomatiques à la Tempête Saharienne

Malgré ces arrière-pensées géopolitiques complexes, le début des années 70 fut marqué par des signes de détente. En septembre 1970, la conférence de Nouadhibou, réunissant Boumédiène, le président mauritanien Mokhtar Ould Daddah et Hassan II, vit le leader algérien affirmer l’absence de « prétentions stratégiques dans le désert ». Hassan II lui-même, lors d’une conférence de presse en septembre 1974, rappela les assurances de Boumédiène : « L’Algérie n’avait pas de convoitise dans le désert. Plus encore, il m’a demandé de le prévenir 48 heures à l’avance en cas de manœuvre militaire [contre l’Espagne, ndlr] pour qu’il puisse nous soutenir (…). »

En 1974, la position algérienne sur le Sahara, alors sous joug espagnol, semblait même converger avec celle du Maroc. Hassan II mentionna le rôle potentiel de M. Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères et futur président de la session des Nations unies, pour éviter à l’Algérie de devoir choisir entre le Maroc et la Mauritanie sur cette question épineuse.

Le Choc d’Amgala : La Rupture Définitive

Cependant, cette fragile entente vola en éclats avec la Marche Verte du 6 novembre 1975 et la signature de l’Accord de Madrid, officialisant la partition du Sahara entre le Maroc et la Mauritanie et le retrait espagnol en février 1976. L’Algérie, dont les positions avaient évolué, perçut cet accord comme une trahison et une menace directe à ses intérêts régionaux.

La réaction fut militaire. Le 27 janvier 1976, l’Armée Nationale Populaire algérienne s’infiltra dans le village d’Amgala. Selon les récits marocains, une brigade d’infanterie algérienne attaqua Amgala, tandis que d’autres menaient des offensives sur Tifariti et Mahbas. L’armée marocaine riposta avec vigueur, repoussant les forces algériennes qui abandonnèrent véhicules et équipements sur le champ de bataille. L’historien Karim Ghellab, dans son ouvrage « L’histoire du mouvement national », qualifiera cette victoire marocaine d’Amgala comme la « fin de la guerre du Sahara », réduisant les affrontements ultérieurs à de simples escarmouches.

Deux semaines après cette confrontation sanglante, Hassan II, dans une lettre à Boumédiène, exprima son étonnement : « Ce qui est arrivé est aussi surprenant… » Une formule laconique qui scellait la fin d’une période de tentatives de rapprochement et ouvrait la voie à des décennies de méfiance et de rivalité entre les deux puissances maghrébines.


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