Violences Intrafamiliales : Deux Ans de Pôles Spécialisés, Entre Progrès et Persistance des Défis
Paris, France – Le 9 septembre 2025, la place de la République résonnait encore des voix des « Mères indignées », un cri de ralliement poignant contre les violences intrafamiliales. Cette mobilisation citoyenne souligne l’urgence d’une cause que la justice française tente d’adresser à travers une réforme majeure : la mise en place de pôles spécialisés dans la lutte contre les violences intrafamiliales (VIF). Lancés en janvier 2024, ces dispositifs, désormais déployés dans la quasi-totalité des tribunaux judiciaires et cours d’appel, promettent une approche plus coordonnée. Pourtant, deux ans après leur instauration, le bilan s’avère nuancé, oscillant entre les affirmations optimistes du ministère et les réserves des acteurs de terrain.
Une Architecture Judiciaire Repensée pour les VIF
La Genèse d’une Coordination Essentielle
L’ambition première de ces pôles VIF est de briser les silos traditionnels du système judiciaire. Loin d’être de nouvelles juridictions, ils se définissent comme des espaces de concertation et de coordination. Leur mission ? Rassembler l’ensemble des professionnels impliqués dans la gestion des violences intrafamiliales : juges d’application des peines, juges des enfants, juges aux affaires familiales (JAF), mais aussi avocats, associations d’aide aux victimes et même les soignants. L’objectif est clair : fluidifier les échanges, harmoniser les pratiques et, in fine, offrir une réponse plus efficace et protectrice aux victimes.
Sacha Straub-Kanh, porte-parole de la chancellerie, insiste sur cette continuité : « La création des pôles VIF s’ancre dans la continuité de la politique de décloisonnement de la justice. » Une volonté affichée de moderniser et d’humaniser le traitement de ces affaires complexes, où les dimensions pénale, civile et sociale s’entremêlent souvent.
Un Déploiement Salué, mais des Échos Mitigés sur le Terrain
Les chiffres officiels, communiqués par le ministère de la Justice au 17 octobre 2025, semblent confirmer le succès de cette initiative. Sur les 168 tribunaux judiciaires que compte la France, 151 ont déjà instauré leur pôle VIF, soit un taux d’implantation de 90 %. Les cours d’appel ne sont pas en reste, avec 30 sur 36 ayant adopté le dispositif. Pour M. Straub-Kanh, le constat est sans appel : « Le bilan des pôles VIF est donc positif. »
Cependant, cette satisfaction institutionnelle contraste avec une réalité de terrain plus complexe. Les associations d’aide aux victimes et les avocats, confrontés quotidiennement aux rouages de cette nouvelle organisation, expriment des réserves. Si l’intention est louable, la mise en œuvre se heurte à des obstacles, le plus souvent lié à un déficit crucial : celui de la formation des professionnels. Sans une compréhension approfondie et une expertise partagée des mécanismes des violences intrafamiliales, la simple coordination ne saurait suffire à transformer en profondeur la prise en charge. Le chemin vers une justice pleinement adaptée reste semé d’embûches, et comme l’exprime un acteur du système, « on continue de ramer ».
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