Téhéran au bord du précipice : Le Guide suprême met en garde contre une « guerre régionale »
Dans un climat de tension exacerbée, l’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, a lancé un avertissement retentissant ce dimanche 1er février. Qualifiant les récentes vagues de contestation interne de « coup d’État », il a menacé d’une « guerre régionale » sans précédent si les États-Unis osaient une attaque militaire. C’est la première fois depuis la mi-janvier que le plus haut dignitaire iranien s’exprime sur la situation.
Cette déclaration intervient alors que les relations entre Téhéran et Washington sont au plus bas. Les États-Unis, qui avaient déjà mené des frappes contre l’Iran par le passé, font planer la menace d’une nouvelle intervention contre la République islamique, bien que des signes récents suggèrent une préférence pour la voie diplomatique. La pression s’intensifie également du côté de l’Union européenne, qui a récemment inscrit les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran, sur sa liste des « organisations terroristes ».
La riposte iranienne : Les armées européennes déclarées « terroristes »
En réaction à la décision européenne, le Parlement iranien n’a pas tardé à répliquer. Ce dimanche, il a déclaré les armées des pays de l’Union européenne comme « groupes terroristes », invoquant l’article 7 de la loi iranienne. Un geste symbolique fort, illustré par le président de l’assemblée, Mohammad Bagher Ghalibaf, et les députés, tous vêtus de l’uniforme des Gardiens de la révolution dans l’hémicycle. Les cris de « Mort à l’Amérique ! », « Mort à Israël ! » et « Honte à l’Europe » ont résonné, marquant le 47e anniversaire du retour triomphal de l’imam Khomeyni en Iran.
Les Pasdarans, fondés en 1979 après la Révolution islamique, constituent la colonne vertébrale idéologique du régime et exercent une influence considérable sur l’économie du pays. Les implications concrètes de cette désignation réciproque restent à évaluer, mais elle s’inscrit dans une logique de surenchère diplomatique initiée par des mesures similaires de Washington en 2019.
Entre diplomatie et démonstration de force : Les manœuvres régionales
Parallèlement à cette escalade verbale, le terrain géopolitique est le théâtre de manœuvres stratégiques. Alors que les États-Unis ont déployé une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, dans le Golfe, l’Iran a annoncé un exercice naval imminent dans le détroit d’Ormuz. Ce point de transit vital pour l’approvisionnement énergétique mondial est une zone que Téhéran a déjà menacé de bloquer en cas d’agression américaine.
Cependant, des voix s’élèvent en faveur de la désescalade. Le président iranien Massoud Pezeshkian a souligné samedi soir qu’une guerre ne servirait les intérêts ni de l’Iran ni des États-Unis, plaidant pour la diplomatie. Des « progrès » vers des « négociations » avec Washington ont même été évoqués par un autre haut responsable iranien, une affirmation corroborée par Donald Trump lui-même sur Fox News.
Les coulisses de la diplomatie : L’Égypte et le Qatar en médiateurs
Dans ce ballet diplomatique complexe, plusieurs acteurs régionaux tentent de jouer les médiateurs. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi s’est entretenu avec son homologue iranien, appelant à « ramener autour de la table » des négociations les deux puissances antagonistes. De son côté, le premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, s’est rendu à Téhéran pour réaffirmer le soutien de son pays aux efforts de désescalade et à la recherche de « solutions pacifiques assurant la sécurité et la stabilité de la région ».
Les contestations internes : Un « coup d’État » déjoué selon le Guide suprême
Affaibli par les récents troubles et les pressions internationales, le pouvoir iranien a fermement réprimé les manifestations qui ont secoué le pays. Initialement déclenchées par le coût de la vie, ces protestations se sont rapidement transformées en un défi direct au régime. Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, plus de 6 700 personnes, dont 137 enfants, auraient été tuées, avec des milliers d’autres décès potentiels en cours d’enquête.
Les autorités iraniennes reconnaissent un nombre important de victimes mais attribuent la majorité des décès à des membres des forces de sécurité ou à des passants, accusant les « émeutiers » d’avoir attaqué la police, les bâtiments gouvernementaux, les casernes des Gardiens de la révolution, les banques et les mosquées, allant jusqu’à brûler le Coran. Pour Ali Khamenei, ces événements constituaient un « véritable coup d’État » qui a finalement « échoué ».
Le Monde avec AFP
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