CAF : Un expert dénonce
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CAF : Un expert dénonce une « sévérité injustifiée » et un « traitement inéquitable » envers le Maroc après la finale U23

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CAF : Des sanctions « injustifiées » et « disproportionnées » envers le Maroc, selon un expert du droit sportif

Casablanca, Maroc

– La récente décision de la Commission de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) concernant les incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations U23 entre le Maroc et le Sénégal continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que les sanctions disciplinaires et financières ont été prononcées, et la réclamation de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) rejetée, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une injustice flagrante. Parmi elles, celle de Maître Hamouda Bouazza, avocat tunisien émérite et spécialiste en droit du sport, qui n’hésite pas à parler d’une « sévérité injustifiée envers le Maroc ».

Une interprétation des faits qui interroge

Dans un entretien exclusif accordé au Site Info, Maître Bouazza analyse avec acuité les décisions de la CAF. Selon lui, la Commission de discipline a manifestement commis une « mauvaise interprétation des faits », ce qui a directement faussé l’évaluation des responsabilités. L’avocat pointe du doigt une partialité troublante : « Il apparaît que la Commission a considéré le Maroc comme principal responsable de ces incidents, tout en fermant les yeux sur le véritable responsable, à savoir le Sénégal, et plus particulièrement son sélectionneur. »

Cette accusation est lourde de sens. Maître Bouazza insiste sur le rôle central du sélectionneur sénégalais, qu’il estime être « à l’origine du déclenchement des événements en incitant les joueurs à quitter le terrain et à ne pas reprendre la rencontre, au risque de faire échouer le match le plus important du football africain. »

Deux poids, deux mesures ?

L’expert tunisien ne mâche pas ses mots concernant l’équité du traitement. « Il est manifeste que la Commission de discipline n’a pas traité les deux parties sur un pied d’égalité, faisant preuve d’indulgence à l’égard de la partie sénégalaise, pourtant principale responsable des incidents de la finale, et de sévérité envers la partie marocaine, alors que sa responsabilité dans les faits n’a pas été clairement établie. »

Ces décisions, selon Maître Bouazza, « suscitent ainsi des doutes et des interrogations quant à la volonté réelle de la CAF d’améliorer l’image du football africain et de garantir un traitement équitable à l’ensemble de ses membres. » Une critique acerbe qui met en lumière les enjeux de crédibilité pour l’instance dirigeante du football continental.

Le principe de proportionnalité bafoué

Abordant la question de la proportionnalité entre la faute et la sanction, Hamouda Bouazza est catégorique : « À mon sens, les sanctions prononcées ne respectent pas le principe de proportionnalité. » Il souligne l’ironie d’une situation où des incidents ayant « failli compromettre le déroulement de la finale », vitrine du football africain, débouchent sur des sanctions « non dissuasives » pour les principaux acteurs.

Il cite en exemple la clémence envers le sélectionneur sénégalais, dont le comportement incitant au boycott a été « témoin du monde entier », mais qui n’a pas été sanctionné « à la hauteur de la gravité des faits ». De même, les « agressions physiques subies par les organisateurs » de la part des supporters sénégalais n’ont été suivies que de « sanctions financières symboliques, insuffisantes pour être dissuasives ».

En contraste, la FRMF se voit infliger de « lourdes amendes » pour des faits jugés mineurs comme « l’utilisation de lasers et le comportement des ramasseurs de balles ». L’avocat qualifie ces faits de « difficilement comparables, en termes de gravité, aux actes des supporters sénégalais. » L’affaire du joueur Achraf Hakimi et de la serviette du gardien sénégalais est également jugée « injustifiée et incohérente ».

Le rejet de la réclamation de la FRMF : une issue prévisible

Concernant le rejet de la réclamation marocaine, Maître Bouazza estime qu’il était « prévisible et juridiquement fondé ». La raison est simple : « Dès lors que la rencontre n’a pas été interrompue et qu’elle s’est déroulée jusqu’à son terme réglementaire, la CAF se limite généralement à sanctionner les personnes ayant provoqué ou contribué au désordre, sans aller au-delà. »

Un avenir incertain pour la discipline africaine

En conclusion, l’avocat tunisien exprime un pessimisme quant à l’efficacité de ces sanctions pour l’avenir. « À mon avis, ces sanctions ne contribueront pas à dissuader de tels comportements. Bien au contraire, elles risquent de favoriser leur répétition, en raison de la manière dont la CAF a traité les différentes parties au dossier, en semblant privilégier un camp au détriment de l’autre. »

Cette situation, ajoute-t-il, « relance inévitablement le débat sur la capacité de la CAF à faire respecter ses règlements et à garantir une stricte égalité de traitement entre tous ses membres. » Un constat amer qui soulève des questions fondamentales sur la gouvernance et l’éthique au sein du football africain.


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