Des mineurs artisanaux travaillant dans une mine de coltan à Rubaya, RDC, avec des collines en arrière-plan.
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RDC : Rubaya, la mine de coltan, tombeau des creuseurs sous la coupe du M23

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Rubaya, le lourd tribut du coltan : Des éboulements meurtriers secouent le Nord-Kivu

Dans les entrailles tourmentées du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, la terre a de nouveau réclamé son dû. La mine de coltan de Rubaya, haut lieu de l’extraction artisanale et désormais sous l’emprise des rebelles de l’AFC/M23, a été le théâtre d’une double tragédie les 28 et 29 janvier. Deux éboulements successifs ont enseveli de nombreux mineurs, ajoutant un chapitre sanglant à l’histoire déjà douloureuse de cette région riche en minerais mais ravagée par les conflits.

Le coltan, une richesse maudite au cœur du conflit

Rubaya n’est pas une mine ordinaire. Ce site stratégique, situé à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale provinciale également contrôlée par l’AFC/M23 depuis janvier 2025, est un acteur majeur du marché mondial. Il est estimé que Rubaya fournit entre 15% et 30% du coltan mondial, un minerai indispensable à la fabrication de nos appareils électroniques quotidiens, des smartphones aux ordinateurs portables. L’Est de la RDC, quant à lui, recèlerait entre 60% et 80% des réserves mondiales de ce précieux minerai, une manne convoitée qui alimente malheureusement des décennies de violences.

La prise de Rubaya par l’AFC/M23 : un enjeu économique et militaire

La chute de Rubaya aux mains de l’AFC/M23 en avril 2024 a marqué un tournant. Pour le groupe armé antigouvernemental, le contrôle de cette mine représente une source de financement colossale. Les experts de l’ONU révèlent que l’AFC/M23 y a instauré une véritable « administration étatique », allant jusqu’à créer un « ministère chargé de l’exploitation des minerais ». Ce dernier délivre des permis aux creuseurs et aux opérateurs économiques, prélevant au passage une taxe sur la production et le commerce du coltan, générant ainsi plusieurs centaines de milliers de dollars par mois.

Le cri des survivants : « La colline s’est écroulée »

Les témoignages des rescapés sont poignants. Erasto Bahati Musanga, le gouverneur du Nord-Kivu nommé par les rebelles, a confirmé la catastrophe depuis le site. « La colline s’est écroulée et a tué les gens », a-t-il déclaré, évoquant un nombre potentiellement élevé de victimes, bien que le bilan exact reste à confirmer par des sources indépendantes. L’Agence France-Presse (AFP) n’a pas été en mesure d’obtenir une confirmation vendredi soir.

Des scènes de chaos et de désespoir

Franck Bolingo, un mineur artisanal, a décrit l’horreur : « Il y a eu la pluie puis l’éboulement, qui a emporté les gens. Certains ont été engloutis et d’autres sont toujours dans les puits. » Olivier Zinzabakwira, un autre creuseur, raconte avoir échappé de justesse à la mort lors du premier glissement de terrain : « Il y a eu un éboulement mercredi, quand j’étais dans un puits à la recherche des minerais. »

Le travail acharné malgré le danger

Malgré la menace constante des éboulements et les conditions de travail inhumaines, des dizaines de mineurs continuaient de s’activer sur les collines du vaste site vendredi. Armés de simples pelles, souvent vêtus de débardeurs et de bottes en caoutchouc pour les plus chanceux, ces hommes et ces femmes transportaient de lourds sacs de minerai, attachés à leur tête par de simples lanières de tissu. Leurs revenus, généralement modiques, sont le prix de leur survie dans une région où l’espoir est souvent enfoui sous la terre.

Un avenir incertain pour les « creuseurs » du coltan

La tragédie de Rubaya met en lumière la vulnérabilité des mineurs artisanaux et la complexité d’une situation où la richesse du sous-sol congolais est paradoxalement une source de misère et de violence. Tant que le contrôle des ressources restera un enjeu de pouvoir et de financement pour les groupes armés, le cycle de la souffrance continuera de marquer le quotidien de ces hommes et femmes qui risquent leur vie pour extraire le « minerai du sang » de la RDC.


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