Rabat dit adieu à Safia Ziani, pilier de l’art dramatique national
C’est avec une profonde tristesse que le monde de l’art marocain a appris le décès de la grande artiste Safia Ziani, survenu ce samedi à l’âge de 91 ans. L’icône du théâtre et du cinéma s’est éteinte à l’Hôpital Moulay Youssef de Rabat, des suites d’une longue maladie, comme l’a confirmé l’Union des professions de l’art dramatique. Sa disparition marque la fin d’une ère pour la scène culturelle nationale, laissant derrière elle un héritage artistique d’une richesse inestimable.
Un parcours artistique flamboyant : Des planches aux écrans
Safia Ziani était bien plus qu’une actrice ; elle était une véritable institution, une figure emblématique dont la carrière a traversé plus d’un demi-siècle. Dès la fin des années 1950, elle a su captiver le public par son talent exceptionnel et sa capacité à incarner des rôles aussi variés que complexes, que ce soit sur les planches, au cinéma ou à la télévision.
L’empreinte indélébile au cinéma
Sa contribution au septième art marocain est immense. Safia Ziani a enrichi le cinéma national de sa présence lumineuse, participant à de nombreux films qui ont marqué leur époque. Parmi ses longs métrages les plus notables, on retrouve :
- « Lalla Chafia » (1982) du regretté Mohamed Tazi Ben Abdelouahed
- « Bamou » (1983) de Driss Mrini
- « La plage des enfants perdus » (1991) de Jilali Ferhati
- « Mémoire en détention » (2004) de Jilali Ferhati
- « Les nuits de l’enfer » (2016) de Hamid Bennani
Son talent a également franchi les frontières, l’amenant à apparaître dans des productions cinématographiques étrangères, dont le film français « La nuit sacrée » (1993) de Nicolas Klotz, témoignant de sa reconnaissance au-delà des frontières marocaines.
Une virtuose du théâtre classique et contemporain
Le théâtre était son premier amour, le lieu où son art s’est épanoui avec une force particulière. Safia Ziani a brillé dans des adaptations de chefs-d’œuvre mondiaux, interprétant avec brio les textes de géants comme Molière et Shakespeare. Elle a également collaboré avec les plus grands dramaturges marocains, notamment Tayeb Saddiki, Tayeb El Laâlej, Kenfaoui et Ouaaziz, contribuant ainsi à forger l’identité du théâtre marocain moderne.
Une présence constante sur le petit écran
Ces dernières années, Safia Ziani a continué à illuminer les foyers marocains à travers ses rôles marquants à la télévision. Sa participation à des séries populaires a ancré son image dans le cœur de plusieurs générations. On se souviendra notamment de ses performances dans :
- « Al Wassiya » (1999)
- « Hdidan » (2009)
- « Jouha Ya Jouha » (2009-2010)
- « Dour Biha Ya Chibani » (2013)
Un héritage impérissable
Le départ de Safia Ziani laisse un vide immense dans le paysage artistique marocain. Sa carrière exemplaire, jalonnée de succès et de performances mémorables, restera une source d’inspiration pour les générations futures d’artistes. Elle était une voix, un visage, une âme qui a su, par son art, refléter et enrichir la culture de son pays. Le Maroc perd une de ses plus grandes étoiles, mais son œuvre continuera de briller éternellement.
Source :
MAP Maroc Diplomatique, 31 janvier 2026
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