Graffitis signifiant « liberté » en idéogrammes chinois et « tu dois être heureux » en espagnol, sur le mur d’une structure du Malecon, à La Havane, à Cuba, le 4 janvier 2026. LUCIEN LUNG/RIVA PRESS POUR « LE MONDE »
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Cuba: L’Odyssée Silencieuse sous l’Ombre de l’État

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Cuba: L’Odyssée Silencieuse sous l’Œil de l’État

Par Jean-Philippe Rémy (Artemisa, Cienfuegos, Mariel, Santa Clara, envoyé spécial) et Lucien Lung (Photographe)

Publié hier à 05h50, modifié hier à 17h42 – Temps de Lecture: 21 min. Article réservé aux abonnés.

Le Mur Murant la Liberté : Un Cri Étranglé à La Havane

Loin des fastes révolus de La Havane, sur un mur décrépit au pied d’un immeuble face à la mer, une main anonyme a osé l’impensable. À la bombe de peinture, deux idéogrammes chinois, symboles universels de la « liberté », se dessinent. Un acte de contestation rare, presque furtif, inspiré des manifestants prodémocratie de Hongkong, et qui, par miracle ou par ignorance, a échappé à l’œil inquisiteur des censeurs cubains. En deux semaines d’immersion dans l’île, nos reporters n’auront que rarement croisé un message aussi clair, aussi audacieux dans son silence.

Cette discrétion forcée n’est pas le fruit du hasard. La surveillance, qu’elle soit ostensible ou insidieuse, est une constante absolue de la vie cubaine. Des agents, plus ou moins visibles, veillent au grain, entravant chaque tentative d’échange authentique avec les habitants. C’est dans ce climat de méfiance que ce graffiti résonne, un cri étranglé, un appel muet à l’émancipation. Combien de Cubains, rencontrés au fil de notre périple, ont avoué leur peur viscérale de s’exprimer, même pour une critique mesurée du Parti communiste, alors que la nation s’enfonce dans un effondrement sans précédent ?

Cuba à Vélo : Le Pouls d’une Nation à la Dérive

C’est de cette capitale fantomatique, meurtrie par les pénuries chroniques et les menaces incessantes de son voisin américain, que nous avons choisi de partir. À vélo, pour mieux sentir le bitume craqué, pour mieux entendre les murmures du peuple, nous avons entamé une traversée de Cuba. Une quête pour comprendre l’état réel de cette nation qui affronte une crise économique d’une ampleur historique, poussant un quart de sa population à l’exil volontaire en moins de cinq ans. Pendant ce temps, l’ombre menaçante du « grizzly américain » pèse, étouffant toute perspective d’apaisement.

Ce voyage à travers les provinces d’Artemisa, Cienfuegos, Mariel et Santa Clara, sous l’objectif de Lucien Lung et la plume de Jean-Philippe Rémy, est une plongée au cœur d’une réalité complexe. Une réalité où la survie rime avec « débrouille » et marché noir, où chaque jour est un défi, et où l’espoir, bien que ténu, refuse de s’éteindre complètement.

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