Le Maroc Retrouve l’Espoir : Des Pluies Généreuses, mais un Verdict Suspendu
Après sept longues années de disette hydrique, le Maroc a enfin vu ses cieux s’ouvrir en décembre 2025 et janvier 2026, offrant des pluies abondantes qui ont rapidement commencé à effacer les stigmates de la sécheresse. Les barrages, baromètres essentiels de la santé hydrique du Royaume, ont franchi pour la première fois depuis 2019 le cap symbolique des 9 milliards de mètres cubes, tandis qu’une couverture végétale hivernale, d’une vitalité retrouvée, tapisse désormais les paysages. Cette rupture avec le scénario de l’année précédente, marqué par des précipitations tardives et des rendements céréaliers lourdement compromis, insuffle un nouvel optimisme. L’espoir est palpable : la production céréalière pourrait bien renouer avec les fastes de la saison 2020-2021, qui avait culminé à un record de 103,2 millions de quintaux.
Cependant, malgré cette embellie, la prudence reste de mise. Le dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) tempère l’enthousiasme, soulignant que le véritable succès de la campagne agricole marocaine dépendra des pluies cruciales attendues entre février et mars. Le verdict final n’est donc pas encore prononcé.
Les Leçons d’une Saison Passée sous le Signe de l’Incertitude
La campagne 2024-2025, bien que supérieure de 39% à celle de 2023-2024 (une année de sécheresse extrême), n’avait permis au Maroc de récolter que 44 millions de quintaux de céréales. Un volume insuffisant pour couvrir les besoins nationaux, contraignant le pays à intensifier ses importations. Les incertitudes du début de la saison ont ainsi provoqué une hausse de 14% des volumes de blé importés entre juillet et octobre 2025, visant à reconstituer des stocks stratégiques.
Cette période a également été le théâtre d’une réorientation significative des sources d’approvisionnement. Les importations de blé en provenance de Russie ont chuté de 66%, et celles d’Ukraine de 87%, tandis que les pays européens, avec la France en tête, ont vu leurs exportations vers le Maroc bondir de plus de 55%. Pour l’orge, la tendance fut inverse avec une baisse de 48% des importations sur la même période. Paradoxalement, les exportations marocaines de blé transformé (couscous et pâtes) ont enregistré une croissance de 10% d’une année sur l’autre entre juin et octobre, le Sénégal et la Guinée affichant des hausses de 38% de leurs achats, le Sénégal s’imposant comme la première destination.
Un Printemps Décisif pour le Destin des Récoltes
L’analyse des relevés satellitaires par l’USDA révèle que, malgré l’amélioration notable, l’indice de végétation au sol demeure légèrement en deçà de la moyenne pluriannuelle (2001-2024). Cette observation renforce l’importance capitale des précipitations de février et mars 2026. Ces pluies sont d’autant plus vitales que les semis de blé et d’orge ont été retardés, s’achevant parfois seulement à la mi-janvier 2026 dans certaines zones.
Ce décalage temporel devrait logiquement se traduire par une augmentation des superficies dédiées aux céréales, estimées à environ 4,5 millions d’hectares selon les premières projections. Toutefois, cette superficie finale reste tributaire de la répartition future des pluies et de la capacité des agriculteurs à semer tardivement. Si les conditions actuelles ne dépassent pas encore la moyenne historique, l’évolution des précipitations de la mi-décembre et du début janvier a permis de hisser la campagne au niveau d’une saison moyenne, un contraste saisissant avec la situation automnale qui rappelait les sombres heures de la sécheresse de 2023-2024.
La Terre Respire : Des Indicateurs Hydriques Encourageants
Les céréales d’hiver, blé et orge, traversent actuellement des phases phénologiques cruciales : le tallage et la montaison. Ces étapes, qui devraient se conclure fin janvier, précèdent l’épiaison et la maturation, prévues entre février et mars. La montaison, période particulièrement gourmande en eau, bénéficie cette année d’un environnement exceptionnellement favorable. De nombreuses régions agricoles, notamment celles à forte vocation céréalière, affichent un cumul pluviométrique supérieur à la normale. À Nouasseur, près de Casablanca, l’excédent dépasse même les 100 millimètres.
L’humidité des sols, un facteur déterminant, a également connu une nette amélioration par rapport à l’année précédente. Au 22 janvier 2026, les données satellitaires révèlent une anomalie positive d’humidité oscillant entre 40% et 70% dans le nord-ouest du Royaume. Une situation radicalement différente de l’an passé, où seules des pluies localisées dans le Sud-Est avaient permis des valeurs positives, tandis que les régions de l’Atlantique nord subissaient des déficits de -30% à -40%.
Ces signaux positifs sont confirmés par les relevés d’évapotranspiration. Les anomalies positives maximales observées par satellite indiquent clairement que les apports hydriques l’emportent désormais sur les pertes par évaporation et transpiration des plantes. Un bilan hydrique favorable, à l’opposé de la situation critique de l’année précédente. Le Maroc, bien que soulagé par ce début de campagne prometteur, sait que le destin de ses récoltes se jouera dans les semaines à venir, sous le regard attentif des cieux.
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