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Niger : Tiani retire les Finances à Lamine Zeine – Anatomie d’un réaménagement aux lourdes implications

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Niger : Tiani retire les Finances à Lamine Zeine – Anatomie d’un réaménagement aux lourdes implications

Niamey, le 27 janvier 2026 – Dans les coulisses du pouvoir nigérien, une décision majeure vient de redessiner l’échiquier gouvernemental. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au pouvoir, a procédé à un « réaménagement technique » qui, sous ses airs anodins, révèle des tensions profondes et une réalité économique préoccupante. Le Premier ministre Lamine Zeine se voit délesté du portefeuille stratégique de l’Économie et des Finances, désormais confié à Mamane Lawali Abdou Rafa.

Au-delà du « réaménagement technique » : une crise financière latente

L’annonce, faite par décret le 26 janvier, a été présentée comme une simple optimisation administrative. Pourtant, les observateurs avertis y voient bien plus qu’un ajustement de façade. Le retrait des rênes financières au Premier ministre Lamine Zeine, figure clé du gouvernement post-coup d’État, est un signal fort de la pression économique qui pèse sur le Niger.

Depuis le putsch, le pays fait face à des sanctions régionales et internationales qui ont mis à mal ses finances publiques. La gestion des ressources, déjà complexe, est devenue un véritable casse-tête pour l’administration de transition. Ce « réaménagement » pourrait donc être une tentative de réinjecter un souffle nouveau dans un ministère crucial, confronté à des défis colossaux.

Le poids des doubles casquettes : une charge intenable ?

Lamine Zeine cumulait jusqu’alors les fonctions de Premier ministre et de ministre de l’Économie et des Finances, une charge immense dans un contexte de crise. Cette concentration des pouvoirs, souvent observée dans les régimes de transition, a ses limites, surtout lorsque les enjeux financiers sont aussi pressants.

Les défis de la gouvernance post-putsch

La gestion quotidienne du gouvernement, la diplomatie, et la recherche de solutions aux sanctions internationales exigeaient déjà une attention de chaque instant de la part du Premier ministre. Ajouter à cela la complexité de la politique économique et budgétaire, avec des recettes en berne et des dépenses contraintes, rendait la tâche quasi-surhumaine.

Le général Tiani, en séparant ces rôles, semble reconnaître la nécessité d’une expertise dédiée et d’une concentration totale sur la relance économique, un impératif pour la stabilité du régime.

Mamane Lawali Abdou Rafa : un expert à la rescousse ?

Pour succéder à Lamine Zeine aux Finances, le choix s’est porté sur Mamane Lawali Abdou Rafa, un nom bien connu dans les cercles financiers nigériens. Jusqu’à présent directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour le Niger, Abdou Rafa apporte une expertise technique avérée et une connaissance approfondie des mécanismes monétaires et financiers régionaux.

Un profil technique pour une mission délicate

Sa nomination est perçue comme un signe de la volonté de la junte de professionnaliser la gestion économique et de rassurer, potentiellement, les partenaires financiers. Sa mission sera ardue : stabiliser les finances publiques, trouver des sources de revenus alternatives et naviguer dans un environnement international hostile.

Ce remaniement, bien que qualifié de « technique », est un acte politique fort. Il souligne les difficultés économiques persistantes du Niger et la nécessité pour le CNSP de s’adapter pour maintenir le cap. L’avenir dira si cette nouvelle répartition des rôles apportera la bouffée d’oxygène tant attendue par l’économie nigérienne.


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