Mali : La Crise Carburant, un Labyrinthe pour Assimi Goïta
Malgré un déploiement sécuritaire renforcé, des mesures administratives d’urgence et une mobilisation politique sans précédent au sommet de l’État, le Mali se retrouve une fois de plus à la merci d’une crise du carburant tenace. Les files d’attente interminables devant les stations-service de Bamako, qui avaient un temps disparu, sont réapparues, témoignant d’une situation loin d’être résolue. Cette résurgence met en lumière l’incapacité persistante du régime du Général Assimi Goïta à extirper le pays de cette ornière énergétique, révélant des vulnérabilités bien plus profondes qu’il n’y paraît.
Une Accalmie Éphémère, une Réalité Amère
Après une période de répit relative, la capitale malienne et d’autres régions sont de nouveau confrontées à une pénurie aiguë de carburant. Le blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) se révèle être un levier d’instabilité redoutable, sapant les efforts gouvernementaux et plongeant la population dans une incertitude quotidienne. La promesse d’une amélioration durable, formulée par les autorités, s’est heurtée à la dure réalité du terrain, où les attaques jihadistes et les contraintes logistiques continuent de dicter le rythme de l’approvisionnement.
Les Racines Profondes d’une Crise Multiforme
La crise actuelle n’est pas un simple incident conjoncturel ; elle est le symptôme d’un mal plus profond, ancré dans un tissu de défis interconnectés :
- La Menace Jihadiste Persistante : Le Jnim, en ciblant les axes d’approvisionnement, démontre sa capacité à paralyser l’économie et à semer le chaos, malgré les opérations militaires. Le renforcement sécuritaire ne semble pas suffisant pour garantir la fluidité des corridors vitaux.
- Des Contraintes Logistiques Accrues : L’acheminement du carburant à travers un territoire vaste et souvent hostile est un défi colossal. Les infrastructures limitées et la dangerosité des routes exacerbent la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement.
- Faiblesses Structurelles de l’Économie : Au-delà des facteurs externes, l’économie malienne souffre de fragilités inhérentes, rendant le pays particulièrement sensible aux chocs. La dépendance aux importations de carburant et l’absence de réserves stratégiques robustes sont des lacunes criantes.
- L’Effet Dévastateur de la Peur : La psychose de la pénurie alimente un cycle vicieux de thésaurisation et de spéculation, aggravant artificiellement la situation et rendant toute tentative de stabilisation plus complexe.
Le Défi du Général Goïta : Entre Sécurité et Stabilité
Le Général Assimi Goïta, à la tête de la transition, se trouve face à un dilemme cornélien. Si la sécurisation du territoire est une priorité absolue, la gestion de la crise du carburant révèle les limites d’une approche purement militaire face à des problèmes aux ramifications économiques et sociales profondes. La confiance de la population est mise à rude épreuve alors que les solutions promises tardent à se matérialiser, laissant planer l’ombre d’une instabilité prolongée.
La capacité du Mali à surmonter cette épreuve dépendra non seulement de sa résilience face aux menaces extérieures, mais aussi de sa faculté à réformer ses structures internes et à rétablir une véritable sécurité économique pour ses citoyens. L’heure est à une stratégie globale, combinant fermeté sécuritaire et réformes économiques audacieuses, pour enfin sortir de cette spirale infernale.
Par Aly Asmane Ascofaré, Journaliste spécialiste du Mali.
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