Iran : Trump entre apaisement et menace, une diplomatie à double tranchant
Les dernières déclarations du président américain Donald Trump sur la situation iranienne dessinent un tableau complexe, où l’apaisement apparent se mêle à la menace persistante d’une intervention militaire. Alors que la Maison-Blanche évoque la fin des « tueries » et l’annulation d’exécutions, des voix critiques s’élèvent, y compris d’anciens conseillers, pour dénoncer une stratégie de recul risquant de saper la crédibilité américaine. Pendant ce temps, Téhéran maintient sa fermeté face à une contestation interne brutalement réprimée.
Un message présidentiel teinté d’ambiguïté
Mercredi, Donald Trump a affirmé que « les tueries » en Iran avaient « pris fin » suite à la répression des manifestations. S’appuyant sur des « sources très importantes », il a également déclaré que les exécutions de manifestants prévues n’auraient « pas lieu ». Cette annonce, qui pourrait sembler déflationniste, contraste fortement avec ses avertissements antérieurs, où il menaçait d’une intervention militaire pour stopper la répression, allant jusqu’à promettre que « L’AIDE EST EN ROUTE » aux manifestants iraniens.
Interrogé par l’AFP sur l’éventualité d’une intervention militaire, le président est resté évasif : « On observera ça et on verra quelle est la suite. » Pour John Bolton, son ancien conseiller à la sécurité nationale, cette posture est un signe clair : « Il fait marche arrière […] Il cherche une porte de sortie. » Cependant, Bolton met en garde contre les conséquences d’une inaction, qui « sera un coup porté à sa crédibilité » si les « lignes rouges » fixées par Trump sont franchies sans réaction.
Les options militaires toujours d’actualité
Malgré les déclarations présidentielles, le New York Times révèle que les options militaires restent activement envisagées. Le quotidien rappelle un précédent en juin, où Trump avait annoncé une décision « dans les deux semaines » avant des frappes aériennes sur des sites nucléaires iraniens, alors que sa décision d’attaquer était déjà prise. Un haut responsable américain cité par le journal indique que la suite des événements dépendra des actions futures des services de sécurité iraniens.
Le Pentagone étudierait des alternatives aux frappes massives, telles que des opérations ciblées contre l’appareil sécuritaire iranien ou des cyberattaques. La tension régionale est palpable : l’Iran a fermé son espace aérien, et le Qatar a rapporté le départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid. Des bombardiers à longue portée avaient été mis en « état d’alerte » pour d’éventuelles frappes secondaires, bien que cette alerte ait semblé suspendue mercredi après-midi.
La répression iranienne et l’écho international
Sur le front iranien, les autorités tentent de rassurer tout en maintenant une ligne dure. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison » mercredi ou jeudi. Pourtant, le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi, a qualifié de « criminel » tout individu ayant participé aux manifestations depuis le 8 janvier.
Les organisations non gouvernementales brossent un tableau alarmant. L’ONG Hengaw a signalé le report de l’exécution d’Erfan Soltani, 26 ans, arrêté lors des protestations, mais sa vie demeure en danger. Iran Human Rights (IHR) fait état d’au moins 3428 manifestants tués et plus de 10 000 arrestations depuis le 28 décembre, un bilan qualifié de « minimum absolu ». Le pays est par ailleurs confronté à une coupure d’internet quasi totale depuis une semaine, entravant la diffusion d’informations fiables.
La communauté internationale réagit : le Royaume-Uni a « temporairement fermé » son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne et l’Inde ont exhorté leurs ressortissants à quitter l’Iran. Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira jeudi, à la demande des États-Unis, pour un « briefing sur la situation en Iran ».
Fermeté du régime et propagande
Malgré les assurances d’Abbas Araghchi sur le « calme » et le « contrôle total » des autorités, le régime a orchestré une « marche de résistance nationale » et des funérailles pour les membres des forces de sécurité tués. Des banderoles « mort à l’Amérique » et des portraits du guide suprême Ali Khamenei ont été brandis, aux côtés d’une photo manipulée de Donald Trump, suggérant une nouvelle tentative d’assassinat. Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, a averti l’Iran prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque, tandis que le pouvoir judiciaire promettait des procès « rapides » et « publics » pour les manifestants.
La crise iranienne continue de se dérouler sur plusieurs fronts, entre les déclarations fluctuantes de Washington, la répression interne brutale et les réactions internationales, laissant planer une incertitude pesante sur l’avenir de la région.
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