Une Nuit Historique au Complexe Moulay Abdellah
Le Complexe Sportif Moulay Abdellah de Rabat a vibré d’une intensité rare ce mercredi 14 janvier, transformé en un véritable chaudron par 69 000 âmes. L’enjeu était colossal : une place en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Face à un Nigeria réputé injouable, les Lions de l’Atlas, sous la houlette de Walid Regragui, ont livré une performance magistrale, couronnée par une victoire aux tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b.) qui restera gravée dans les annales. Le Maroc s’apprête à disputer SA finale, sur ses terres.
Une Première Mi-temps Sous Haute Tension
Dès les premières notes de l’hymne national, l’ambiance était électrique, annonçant un combat sans merci. Le Nigeria, avec son trident offensif Osimhen, Lookman, Iwobi, avait clairement l’intention de gâcher la fête. Mais le bloc marocain, d’une concentration exemplaire, a muselé les assauts adverses. Le jeu, haché et intense, reflétait la prudence et la détermination des deux équipes. Les occasions furent rares : un coup franc de Hakimi frôlant la transversale, une percée de Saibari stoppée par le gardien, et quelques éclairs individuels de Brahim Diaz. Côté nigérian, seule une frappe cadrée de Lookman, repoussée avec brio par Yassine Bounou, a réellement inquiété avant la pause. Au milieu de terrain, la bataille faisait rage, avec un duel acharné entre El Aynaoui et Onyeka. Pour sa première demi-finale de CAN depuis 2004, le Maroc a fait preuve d’une patience stratégique, privilégiant la solidité défensive pour ne pas se retrouver en position de devoir courir après le score. Les deux équipes regagnèrent les vestiaires sur un score vierge, promettant une seconde période tout aussi palpitante.
La Bataille Tactique des Sélectionneurs
Le second acte a débuté sur la même note de respect mutuel et de prudence. Ce match, il était clair, se déciderait sur des détails : une erreur, un coup de génie, ou un coaching inspiré. Le duel entre Eric Chelle et Walid Regragui prenait des allures de partie d’échecs. Regragui, préparant ses atouts avec Igamane et Soufiane Rahimi à l’échauffement, cherchait à injecter du dynamisme. Les défenseurs nigérians continuaient d’étouffer El Kaabi, tandis qu’Ezzalzouli tentait en vain de trouver la faille. À l’approche de l’heure de jeu, le tableau d’affichage restait désespérément vierge, et les regards des entraîneurs se tournaient vers leurs bancs.
Il a fallu attendre la 83e minute pour voir les premières substitutions. Le Maroc, malgré la tension, se créait les meilleures opportunités, récupérant chaque second ballon et tentant d’ouvrir le score. Cependant, Calvin Bassey, le roc défensif des Super Eagles, était impérial, annihilant les tentatives marocaines, y compris celles d’un El Kaabi parfois trop lent. Le milieu marocain a excellé à neutraliser Alex Iwobi, privant ainsi Lookman et Osimhen de ballons dangereux. Les entrées d’Hamza Igamane et Oussama Targhalline ont apporté un souffle nouveau sans déséquilibrer l’équipe. La fin du temps réglementaire fut insoutenable, les supporters poussant leurs Lions à coups de « Siir Siir », mais le manque de mordant offensif menait inévitablement aux prolongations, le Sénégal attendant déjà en finale après sa victoire 1-0 contre l’Égypte.
Le Triomphe de la Volonté et de Yassine Bounou
Les prolongations sont un test mental et physique ultime. Fallait-il tout donner ou gérer en vue des tirs au but ? Walid Regragui a rassemblé ses troupes, Hakimi galvanisant ses coéquipiers à l’aube d’une finale continentale. Les 30 minutes supplémentaires furent marquées par une succession de ballons perdus, reflet de la fatigue et de la peur de l’erreur. Le destin était scellé : la finale se jouerait aux tirs au but.
L’atmosphère était à son paroxysme. Les « Dima Maghrib » résonnaient dans les tribunes, et les chants « Bono, Bono ! » rappelaient les exploits passés du portier au Mondial. El Aynaoui a ouvert le bal avec un tir au but converti, libérant un soupir de soulagement collectif. Puis vint le moment de l’ascenseur émotionnel : Igamane rata son tir, mais Yassine Bounou, en héros absolu, repoussa deux tentatives nigérianes, réécrivant l’histoire. C’est En-Nesyri qui, d’un tir imparable, a offert au Maroc sa place tant convoitée en finale de la CAN, plongeant tout un pays dans une liesse indescriptible.
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