Le Groenland, échiquier arctique : la France déploie ses forces pour affirmer sa souveraineté
Par Nicolas Barotte
Le 14 janvier 2026
Dans un geste diplomatique et militaire significatif, la France s’apprête à renforcer sa présence au Groenland, participant à une mission militaire européenne aux côtés du Danemark. Cette initiative, révélée par Le Figaro et confirmée par Le Monde, voit déjà les premiers « opérateurs » français sur place, chargés de missions de reconnaissance avant l’arrivée de renforts.
Un engagement européen face aux enjeux géopolitiques
Ce déploiement, qui s’inscrit dans le cadre d’un exercice organisé par l’armée danoise et auquel la Suède et l’Allemagne ont également annoncé leur participation, est bien plus qu’une simple manœuvre. Il envoie un double message clair à Washington : d’une part, il témoigne de la solidarité inébranlable entre alliés européens et le Danemark, gardien de la souveraineté groenlandaise. D’autre part, il réaffirme le principe fondamental de la souveraineté des États, à un moment où les ambitions de l’ancien président américain Donald Trump sur l’île refont surface.
Le président Emmanuel Macron devrait apporter davantage de précisions sur cette opération jeudi, lors de ses vœux aux armées depuis la base d’Istres. Cette annonce interviendra après un Conseil de défense tenu en urgence à l’Élysée, où la situation au Groenland a été débattue en parallèle des tensions iraniennes.
L’engagement français prend une dimension hautement symbolique dans un contexte de revendications américaines sur le Groenland, jugé « nécessaire » pour leur sécurité. Il ne s’agit pas d’une préposition de forces défensives contre une hypothétique incursion américaine, mais bien d’une démonstration de force diplomatique et d’une affirmation de l’intérêt européen dans la région.
Le gouvernement danois a d’ailleurs annoncé mercredi un « renforcement de sa présence militaire » sur l’île et dans ses environs, toujours en étroite collaboration avec ses partenaires de l’OTAN.
Des troupes d’élite pour un théâtre exigeant
Les soldats français dépêchés au Groenland sont issus des troupes de montagne, réputées pour leur expertise et leur résilience dans les conditions extrêmes. Bien que l’opération soit officiellement présentée comme un exercice, aucune durée précise n’a été fixée pour la présence de ces forces.
À Berlin, le ministère de la Défense a précisé l’objectif de la participation allemande : « examiner les conditions-cadres en vue d’éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime ». Treize soldats allemands ont déjà été déployés.
L’armée française, forte de son expérience en missions « grand froid », a manifesté un regain d’intérêt pour la région arctique ces dernières années, y envoyant déjà des navires. La nouvelle stratégie arctique du ministère des Armées, publiée en juillet, souligne l’importance de cette zone : « Du Groenland au Svalbard, cette région concentre également les intérêts des Alliés européens de la France et ceux de l’OTAN ». Face à une menace russe grandissante, l’Arctique est perçu comme un potentiel futur théâtre de confrontation, même si Moscou a jusqu’à présent évité les provocations directes.
L’ombre de Trump et la présence américaine
Pour Donald Trump, l’acquisition du Groenland représente un enjeu de pouvoir. Militairement, les États-Unis disposent déjà d’une base à Pituffik, abritant environ 150 soldats, essentielle pour la surveillance spatiale et la détection de tirs de missiles, compte tenu de la trajectoire potentielle des missiles au-dessus du cercle polaire.
Cependant, pour renforcer sa présence militaire sur l’île, Donald Trump n’aurait pas nécessairement besoin d’en prendre le contrôle. La réouverture d’anciennes bases fermées depuis la fin de la Guerre froide pourrait également être une option stratégique pour Washington.
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