Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement, s'exprimant lors d'un événement à Johannesburg.
Économie

La BAD et le Monde Arabe : Une Alliance Stratégique Face au Retrait Occidental

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Un Virage Stratégique pour le Développement Africain

Dans un paysage financier mondial en mutation, marqué par un repli notable des investissements occidentaux, et particulièrement américains, la Banque africaine de développement (BAD) opère un pivot stratégique. Sous la houlette de son président, Sidi Ould Tah, l’institution panafricaine renforce activement ses partenariats avec les nations du Golfe, signalant une nouvelle ère de coopération pour le financement du continent.

Le 13 janvier dernier, Abidjan, siège de la BAD, a été le théâtre d’une rencontre d’une importance capitale. Sidi Ould Tah y a accueilli le Groupe de coordination arabe (GCA), une coalition influente regroupant les principaux fonds nationaux du Koweït, d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. Cette convergence d’intérêts intervient à un moment où l’Afrique cherche à diversifier ses sources de financement face à la diminution de l’aide traditionnelle.

Combler le Déficit de Financement : Une Nécessité Impérieuse

Élu en mai 2025, Sidi Ould Tah a réaffirmé l’ambition, déjà esquissée à Riyad en novembre 2023, de mobiliser une enveloppe colossale de 50 milliards de dollars. Ce fonds est destiné à soutenir des projets structurants et stratégiques essentiels à l’essor économique et social de l’Afrique. Pour le président mauritanien, des liens plus étroits avec le GCA sont « essentiels pour combler l’écart croissant entre les besoins de financement et les fonds effectivement mobilisés », surtout quand des donateurs majeurs comme les États-Unis réduisent leurs dépenses à l’étranger.

« Ce qui est nécessaire maintenant, c’est un partenariat plus structuré et tout à fait stratégique », a-t-il souligné, marquant la volonté d’une collaboration plus profonde et pérenne. Le GCA, qui inclut des acteurs majeurs tels que la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le Fonds de l’Opep pour le développement international et le Fonds saoudien pour le développement, représente un levier financier considérable, capable d’apporter des financements à long terme pour des priorités cruciales comme l’industrialisation et la création d’emplois.

Vers une Coopération Structurée et Visionnaire

Cette rencontre à Abidjan fait suite à la signature récente d’un accord de 2 milliards de dollars entre la BAD et le Fonds de l’Opep, illustrant la concrétisation de cette nouvelle orientation. Sidi Ould Tah insiste sur l’obsolescence d’une coopération fragmentée, plaidant pour des partenariats pragmatiques et structurés. Cette vision s’est matérialisée par la signature d’une déclaration officielle entre la BAD et le GCA, détaillant les nouvelles modalités de leur engagement et les priorités de cofinancement.

Rami Ahmad, vice-président des opérations au Fonds de l’Opep pour le développement international, a précisé que cette approche novatrice inclut la création d’une plateforme de coordination. L’objectif est de cibler des dépenses à long terme, d’envergure régionale, en lieu et place d’investissements ponctuels et nationaux. Le président de la BAD a également mis en lumière l’aggravation du déficit de financement du développement, exacerbé par de « profonds chocs extérieurs ». En réponse, les institutions arabes ont unanimement réitéré leur engagement à investir dans des secteurs vitaux pour le continent, tels que la sécurité alimentaire, la lutte contre le changement climatique, l’accès à l’énergie et la dynamisation du secteur privé.

Cette alliance stratégique entre la BAD et le monde arabe dessine les contours d’un avenir où l’Afrique, forte de nouveaux partenariats, pourra accélérer son développement et surmonter les défis économiques contemporains.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager