Manifestation à Dakar pour la libération du député sénégalais Mouhamadou Ngom, dit Farba, incarcéré depuis février 2025.
Politique

Sénégal : L’Énigme Farba Ngom, entre Liberté Refusée et Soupçons Politiques

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Sénégal : L’Énigme Farba Ngom, entre Liberté Refusée et Soupçons Politiques

L’affaire Farba Ngom, député-maire influent et figure emblématique de l’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, continue de défrayer la chronique judiciaire sénégalaise. Alors qu’une ordonnance de remise en liberté provisoire avait ouvert une lueur d’espoir pour l’homme d’affaires incarcéré, le parquet financier a, de manière inattendue, interjeté appel, prolongeant ainsi une détention qui soulève de nombreuses interrogations.

Le Rebond Judiciaire : Un Appel Contre Toute Attente

Le 12 janvier, une décision de justice semblait enfin dessiner les contours d’une libération conditionnelle pour Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba. Cette ordonnance, fruit de multiples requêtes de ses avocats, aurait dû lui permettre de retrouver une liberté surveillée. Cependant, le procureur de la République près le Pool judiciaire financier a rapidement fait usage de son droit d’appel, suspendant de fait cette perspective et maintenant le député derrière les barreaux.

Un Lourd Passif Judiciaire : Plus de 120 Milliards de F CFA en Jeu

Les Accusations : Blanchiment et Escroquerie

Depuis février 2025, Farba Ngom est au cœur d’une tourmente judiciaire, mis en examen pour des chefs d’accusation graves : « association de malfaiteurs en vue de blanchiment », « blanchiment » et « escroquerie portant sur les deniers publics ». Ces poursuites découlent d’un signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui avait alerté sur des « activités suspectes de blanchiment de capitaux ».

Le préjudice estimé dans cette affaire est colossal, dépassant les 120 milliards de F CFA, soit l’équivalent de 183 millions d’euros. Une somme qui témoigne de l’ampleur des malversations présumées.

Les Deux Dossiers Clés

L’enquête se concentre sur deux volets principaux. Le premier concerne des transactions bancaires d’un montant de 30 milliards de F CFA (46 millions d’euros) entre plusieurs sociétés civiles immobilières et professionnelles gérées par Farba Ngom et un holding appartenant à l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Le second dossier, encore plus conséquent, porte sur des transactions suspectes totalisant 91 milliards de francs CFA (139 millions d’euros), impliquant également les deux hommes.

Traitement Différencié : Une ‘Commande Politique’ ?

Ce qui ajoute à la complexité et aux spéculations de cette affaire est le sort divergent réservé aux deux principaux protagonistes. Alors que Farba Ngom demeure incarcéré, Tahirou Sarr, considéré par l’accusation comme l’auteur principal des malversations, a recouvré la liberté le même jour, le 12 janvier, bénéficiant lui aussi d’une ordonnance de libération provisoire sous contrôle judiciaire. Étonnamment, dans son cas, le parquet financier n’a pas fait appel.

Cette disparité de traitement conforte les avocats de Farba Ngom dans leur conviction d’une « commande politique » ciblant leur client. Une thèse d’autant plus crédible que plusieurs demandes antérieures de libération conditionnelle, étayées par des expertises médicales alarmantes sur l’incompatibilité de son état de santé (pathologies cardiaques, neurologiques, prostatiques) avec la détention, étaient restées sans réponse.

L’affaire Farba Ngom continue de jeter une lumière crue sur les arcanes de la justice sénégalaise, où les lignes entre droit, politique et influence semblent parfois se brouiller, laissant un député-maire influent dans une incertitude prolongée.


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