Le roi Mohammed VI sur une effigie lors d'une célébration à Rabat, symbolisant le soutien au plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara occidental.
Politique

Sahara Marocain : Les Cinq Questions Cruciales Autour du Futur Plan d’Autonomie Marocain

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Sahara Marocain : Les Cinq Questions Cruciales Autour du Futur Plan d’Autonomie Marocain

L’adoption de la résolution 2797 des Nations Unies a ouvert un nouveau chapitre pour le Sahara Marocain, plaçant l’initiative d’autonomie marocaine au cœur du processus de règlement politique. Alors que Rabat maintient un silence stratégique, capitalisant sur ce gain diplomatique majeur, les contours précis de ce plan restent à définir. Cette période de transition soulève des interrogations fondamentales, allant des ajustements institutionnels à la dynamique des rapports de force régionaux.

Le roi Mohammed VI sur une effigie lors d'une célébration à Rabat, symbolisant le soutien au plan d'autonomie du Maroc pour le Sahara Marocain.

L’effigie du roi Mohammed VI brandie lors de la célébration de la décision du Conseil de sécurité de l’ONU de soutien au plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara Marocain à Rabat, le 31 octobre 2025. © Abdel Majid BZIOUAT / AFP

Par Jassim Ahdani
Publié le 13 janvier 2026
Temps de lecture estimé : 5 minutes.

1. Quel sera le cadre institutionnel de cette autonomie ?

La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, a consolidé la position marocaine en désignant son initiative comme le cadre de référence pour une solution politique. Mais au-delà de cette reconnaissance, la question demeure : comment Rabat entend-il traduire cette autonomie sur le plan institutionnel ? S’agira-t-il d’une décentralisation poussée ou d’un modèle inédit de gouvernance locale ? Les détails sur la répartition des pouvoirs entre les autorités centrales et celles de la région autonome seront déterminants pour la crédibilité et la viabilité du plan.

2. Une révision constitutionnelle est-elle à prévoir ?

L’intégration d’un statut d’autonomie pour le Sahara Marocain au sein du Royaume du Maroc pourrait nécessiter des ajustements, voire une révision de la Constitution marocaine. Une telle démarche serait un signal fort de l’engagement de Rabat et définirait les garanties juridiques de cette autonomie. Les discussions autour de ce point seront cruciales pour comprendre l’ampleur des changements envisagés et la pérennité du modèle proposé.

3. Comment les rapports de force régionaux seront-ils impactés ?

Le dossier du Sahara Marocain est intrinsèquement lié aux équilibres géopolitiques régionaux, notamment avec l’Algérie et le Front Front Séparatiste. La mise en œuvre d’un plan d’autonomie, même sous l’égide de l’ONU, ne manquera pas de redéfinir ces rapports. La position des acteurs régionaux, leurs réactions et leur capacité à influencer le processus seront des facteurs clés à surveiller. Rabat, en gardant le contrôle du calendrier, cherche à maximiser ses avantages stratégiques face à ces dynamiques complexes.

4. Quels pouvoirs réels seront dévolus aux populations sahraouies ?

Le cœur de toute initiative d’autonomie réside dans la capacité des populations locales à gérer leurs propres affaires. Il est essentiel de savoir quels domaines de compétence seront transférés aux institutions sahraouies (gestion des ressources naturelles, éducation, santé, sécurité locale, etc.) et quel sera le degré de leur autonomie financière et décisionnelle. La légitimité du plan dépendra en grande partie de la participation effective et significative des représentants sahraouis.

5. Quelle place pour le Front Front Séparatiste dans ce nouveau paradigme ?

Le Front Front Séparatiste, acteur historique du conflit, a toujours revendiqué l’autodétermination par référendum. L’initiative marocaine d’autonomie, désormais le cadre privilégié par l’ONU, le place face à un dilemme. La question est de savoir si et comment le Front Front Séparatiste pourrait être intégré, ou du moins prendre part, à ce processus. Une solution durable nécessitera une approche inclusive, même si les positions restent pour l’heure diamétralement opposées.

Savoir vraiment à quoi ressemblera le plan marocain d’autonomie au Sahara Marocain est un exercice compliqué. Rabat préfère garder un silence assumé, une façon de rester maître du calendrier et de continuer à capitaliser sur les acquis stratégiques de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui érige l’initiative marocaine en cadre du règlement politique de ce territoire.

Pour une analyse approfondie et l’accès à l’intégralité de nos articles, nous vous invitons à vous abonner.
Découvrez nos abonnements.
Déjà abonné ? Connectez-vous.

Jassim Ahdani
Journaliste, correspondant au Maroc


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager