Graphique illustrant les prévisions de croissance économique du Maroc par le HCP pour 2026
Économie

Maroc : Le HCP anticipe un rebond de croissance à 4,2% au T1 2026, porté par la demande intérieure

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Rabat, le 13 janvier 2026 – Après une période de modération, l’économie marocaine s’apprête à renouer avec une dynamique de croissance plus soutenue. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) anticipe un redressement notable, projetant un taux de croissance de 4,2% pour le premier trimestre de l’année 2026. Cette embellie serait principalement alimentée par une demande intérieure robuste, capable de compenser les vents contraires des marchés internationaux.

2025 : Une Année de Ralentissement Progressif

L’année 2025 a été marquée par un ralentissement graduel de l’activité économique nationale. Après avoir affiché des taux de 5,5% au deuxième trimestre et 4,8% au premier, la croissance s’est établie à 4% au troisième trimestre, puis au quatrième trimestre. Cette décélération, bien que notable, s’inscrit dans un contexte de maîtrise de l’inflation et d’une demande intérieure résiliente, malgré un besoin de financement accru de l’économie.

La Demande Extérieure, Facteur de Modération en Fin d’Année

Le quatrième trimestre 2025 a vu la croissance fléchir sous l’effet d’une contraction plus prononcée de la demande adressée aux branches secondaires. Cependant, cette tendance a été partiellement atténuée par l’excellente performance des exportations de services. L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en décembre 2025 a joué un rôle de catalyseur majeur, stimulant l’afflux de visiteurs et dynamisant les secteurs de l’hébergement, de la restauration, du transport et des loisirs. En conséquence, le volume des exportations nationales de biens et services a progressé de 5,3% au quatrième trimestre, après une hausse de 8,2% le trimestre précédent. Parallèlement, la modération des importations a contribué à réduire l’impact négatif du commerce extérieur sur la croissance, passant de -4,3 points au troisième trimestre à -3,3 points.

Les Moteurs Internes : Un Soutien Inébranlable

Malgré un environnement international complexe, l’économie marocaine a su maintenir une orientation favorable en fin d’année 2025 grâce à ses moteurs internes. La demande des entreprises est restée dynamique, notamment dans le secteur des services, et les conditions de financement ont continué de favoriser l’investissement productif. Les dépenses publiques massives en infrastructures ont également joué un rôle crucial, propulsant l’investissement à une progression estimée à 11,2% au quatrième trimestre. La consommation des ménages, quant à elle, a poursuivi son amélioration, affichant une hausse de 3,8%, soutenue par les mesures budgétaires de renforcement du pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires nominaux et l’atténuation des pressions inflationnistes. Sur le front des prix, l’inflation a confirmé son repli pour le troisième trimestre consécutif, s’établissant à -0,1% au quatrième trimestre 2025, après avoir atteint 2% en début d’année.

Premier Trimestre 2026 : La Demande Intérieure en Fer de Lance

Le début de l’année 2026 s’annonce sous le signe de la résilience, avec une économie nationale qui devrait faire face à des contraintes externes persistantes. La modération de la demande européenne, exacerbée par le relèvement des droits de douane américains, l’intensification de la concurrence chinoise et de nouvelles réglementations européennes (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, législation française sur l’offshoring), continuera de peser sur les exportations marocaines. Dans ce contexte, la croissance du volume des exportations de biens et services serait ramenée à 3,9% en rythme annuel, un chiffre inférieur à la moyenne trimestrielle de 10,4% des cinq dernières années.

L’Agriculture et les Services, Piliers du Redressement

Face à ces défis extérieurs, la vigueur de la demande intérieure sera le principal levier de la croissance. Le secteur agricole, en particulier, est promis à un regain d’activité significatif. Une hausse de 57% du cumul pluviométrique durant les deux premiers mois de la campagne agricole 2025-2026, couplée aux mesures de soutien aux agriculteurs, devrait se traduire par une amélioration de l’emploi et des revenus en milieu rural, sous réserve de conditions climatiques favorables au printemps. La consommation des ménages devrait ainsi progresser de 3,9% au premier trimestre 2026, tandis que l’investissement maintiendrait un rythme soutenu de 9,8%, grâce notamment aux investissements publics en infrastructures.

Globalement, la croissance économique nationale devrait atteindre 4,2% au premier trimestre 2026. Cette légère accélération sera principalement portée par les activités agricoles et tertiaires, dont la contribution combinée à la croissance est estimée à 2,9 points. Le secteur de la construction poursuivrait sa progression à un rythme de 3,4%, après un léger ralentissement en fin d’année 2025 dû aux intempéries de décembre. En revanche, l’industrie manufacturière, plus sensible aux aléas de la demande extérieure, afficherait une croissance plus modérée de 3,1%, reflétant la persistance des tensions sur les marchés d’exportation.

Source : LE MATIN | 13 Janvier 2026


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