Nuée de criquets pèlerins survolant les paysages désertiques près de Laâyoune, Maroc, avec des équipes de lutte au sol.
Agriculture

Laâyoune sous le joug des criquets pèlerins : Le Maroc en alerte maximale face à la menace acridienne

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Une Menace Acridienne aux Portes de Laâyoune

Le Maroc fait face à un retour préoccupant des criquets pèlerins, avec des signalements récents aux périphéries de Laâyoune, ville majeure du sud-ouest. Après des incursions printanières en mars 2025 dans l’Oriental et le Sud-Est, cette nouvelle vague marque une première apparition en milieu urbain, soulignant l’urgence d’une riposte coordonnée.

Origine de l’Invasion et Nature des Essaims

Les premières observations de groupes de criquets pèlerins remontent à la nuit du 12 janvier dans les environs de Laâyoune. Des vidéos corroborent une invasion en provenance de la Mauritanie, une situation anticipée par les bulletins d’alerte de la FAO dès novembre 2025. Le dernier rapport de la FAO, daté du 7 janvier 2026, mettait en lumière un état de vigilance accru dans la région ouest de l’Afrique du Nord, englobant le Maroc et la Mauritanie.

L’analyse des images révèle majoritairement des formes solitaires de criquets, intrinsèquement moins dévastatrices que leurs homologues grégaires. Néanmoins, un suivi rigoureux et des traitements immédiats sont cruciaux pour prévenir leur transformation en formes grégaires, dont le potentiel destructeur est immense.

La Stratégie Marocaine de Lutte Anti-Acridienne

Le Maroc, fort de son expertise reconnue en matière de lutte anti-acridienne, a déjà déployé des efforts considérables. Jusqu’à fin décembre 2025, les opérations ont couvert 59 942 hectares, dont 43 600 hectares traités par voie aérienne. La présence de criquets a été confirmée sous forme de groupes et de bandes larvaires dans l’extrême Sud (zones d’Aousserd et Bir Anzarane), ainsi que des larves et des groupes entre le nord de Dakhla et le sud de Laâyoune. Autour de Tan-Tan, la situation diffère, avec une prédominance d’ailés et de quelques groupes d’adultes.

Un Dispositif National Robuste

La stratégie marocaine repose sur un Centre National de Lutte Anti-Acridienne (CNLA) basé à Rabat, qui orchestre les opérations depuis un poste de commandement central. Ce dispositif est renforcé par 13 postes de coordination régionaux (PCR) stratégiquement répartis le long de trois lignes de défense, témoignant d’une organisation éprouvée.

Historiquement, le Royaume a démontré sa capacité à endiguer de vastes invasions, comme celle de 2003 où 5 millions d’hectares avaient été traités. Plus récemment, l’événement acridien de mars-mai 2025 dans le Sud-Est marocain a été maîtrisé avec succès, empêchant les criquets d’atteindre le stade grégaire le plus dangereux.

Perspectives et Recommandations de la FAO

La Mauritanie, voisine du sud, connaît une situation plus critique, avec de multiples essaims détectés entre le fleuve Sénégal et Nouakchott. Ces groupes d’ailés et essaims, poussés par les vents du nord-est, se maintiennent généralement à moins de 30 km du littoral.

La FAO anticipe une seconde vague de groupes d’adultes et de petits essaims en provenance de Mauritanie, susceptibles de se reproduire en janvier. L’organisation insiste sur la nécessité de maintenir un rythme soutenu de prospections et d’opérations de lutte. Elle estime que le nombre de criquets devrait diminuer à mesure que les mues imaginales (passage au stade adulte) progressent. Cependant, de nouveaux groupes d’ailés immatures et de petits essaims continueront d’arriver du Sud-Est (région d’Aousserd) tout au long de janvier, exigeant une vigilance constante et une mobilisation sans faille des équipes sur le terrain.


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