Famille amazighe célébrant Yennayer avec des sfenj et toghrifin, symboles du Nouvel An agraire.
Culture

Yennayer : L’Éclat Millénaire d’une Identité Amazighe, entre Ferveur et Quête de Reconnaissance

Partager
Partager
Pinterest Hidden

Alors que l’aube d’une nouvelle année s’apprête à illuminer les foyers, le Maroc se trouve à la croisée des chemins calendaires. Si le calendrier grégorien rythme la vie de la majorité, une part vibrante de la population, les Imazighen, se prépare avec ferveur à célébrer Yennayer, leur nouvel an ancestral. Cette tradition millénaire, enracinée dans un calendrier agraire, est bien plus qu’une simple date : c’est un pilier identitaire, un hymne à la nature et un appel à la reconnaissance.

Yennayer : Un Héritage Ancien, une Identité Renouvelée

La culture amazighe, riche et profonde, puise ses racines dans une symbiose ancestrale entre l’homme et la terre. Ahmed Boukous, recteur de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) à Rabat, souligne avec éloquence cette connexion : «La société amazighe a développé une culture qui célèbre l’unité profonde entre l’homme et la nature.» Plus qu’une simple fête agricole, Yennayer incarne, selon lui, la renaissance de l’amazighité depuis la seconde moitié du XXe siècle, portant en elle une signification identitaire collective inestimable.

Aux Sources de l’Histoire : Le Règne de Sheshonq Ier

L’histoire de Yennayer plonge ses racines loin dans le passé. Certains historiens font remonter l’origine du calendrier amazigh à l’intronisation du pharaon amazigh Sheshonq Ier, un événement marquant qui ancre cette célébration dans une lignée historique prestigieuse. Ahmed Boukous insiste sur le fait que «le nouvel an amazigh s’inscrit, par sa signification anthropologique, dans la culture nationale», plaidant pour une reconnaissance et une célébration à l’échelle nationale, partagée par toutes les composantes de la nation marocaine.

Festivités et Saveurs : Le Cœur Battant de Yennayer

Pour les Imazighen, au Maroc comme à travers le monde, Yennayer est avant tout un moment de rassemblement et de partage. Les familles et amis se réunissent pour des festins où les traditions culinaires sont à l’honneur. Les tables se parent de «sfenj» (délicieux beignets), de «toghrifin» (crêpes moelleuses) et d’une profusion de fruits secs : figues, amandes, noisettes, dattes, symboles d’abondance et de prospérité.

Témoignages d’une Ferveur Inébranlable

Kaoutar, étudiante à Agadir, illustre cette ferveur en rejoignant ses parents à Tiznit pour l’occasion, impatiente de savourer les gâteaux traditionnels et la «tagoulla», un mets nourrissant à base de grains de maïs ou de blé. Loin des terres marocaines, Salima, étudiante en Virginie et originaire d’Agadir, exprime sa fierté d’être un «cocktail amazigh» et son indignation face à la négligence de cet événement capital. Elle nous confie l’importance du dîner de Yennayer : «Le dîner ce jour-là doit être servi tard et se doit d’être copieux, ce qui aux yeux des Imazighen augurera une année abondante.»

Entre Tradition Vivace et Quête de Reconnaissance Officielle

Malgré une certaine indifférence nationale, la flamme de Yennayer brûle avec intensité dans de nombreuses régions du Maroc. Salima témoigne que la célébration n’a «perdu ni de sa fraîcheur ni de son authenticité» dans ces bastions de la culture amazighe. Cependant, l’espoir d’une reconnaissance officielle, celle d’un jour férié national, s’amenuise pour beaucoup. «Avoir perdu tout espoir concernant la reconnaissance de cette date comme jour férié au Maroc», déclare-t-elle avec une pointe de regret. Un sentiment qui résonne comme un appel silencieux pour que l’histoire et l’identité amazighes trouvent pleinement leur place au cœur de la nation.


Pour plus de détails, visitez notre site.

Source: Lien externe

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *