Une explosion retentit dans l’obscurité du désert nigérien, des milliers de litres de pétrole s’échappent, traçant une cicatrice noire dans le paysage. Le 21 décembre 2025, le plus long oléoduc d’Afrique, reliant les champs pétroliers d’Agadem au port béninois de Sèmè-Kpodji, subissait sa troisième attaque en l’espace de trois mois, le mettant hors service. Ces actes de sabotage ne sont pas le fruit du hasard, mais l’œuvre revendiquée d’un groupe armé déterminé : le Mouvement Patriotique pour la Libération de la Junte (MPLJ), dirigé par Moussa Kounaï, un rebelle dont l’objectif est clair : faire chuter le général Abdourahamane Tiani.
Le Pipeline : Cœur de la Stratégie de Déstabilisation
L’oléoduc, symbole des ambitions économiques du Niger post-coup d’État, est devenu le théâtre d’une confrontation asymétrique. Chaque explosion est un coup porté non seulement à l’infrastructure vitale du pays, mais aussi directement au pouvoir en place. Moussa Kounaï, dans un entretien exclusif avec Jeune Afrique, ne mâche pas ses mots : « Détruire le pipeline, c’est détruire Tiani ». Cette déclaration résume l’essence de sa stratégie : cibler la source de revenus potentielle du régime pour l’asphyxier et précipiter sa chute.
Une Rébellion aux Motivations Claires
Le MPLJ, sous la houlette de Kounaï, se positionne comme une force d’opposition armée au régime militaire. Leur activisme, visible notamment à travers des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dès septembre 2025, met en lumière leur revendication principale : la libération de Mohamed Bazoum, le président démocratiquement élu et renversé par le coup d’État. Les attaques contre le pipeline ne sont donc pas de simples actes de vandalisme, mais des actions calculées pour exercer une pression maximale sur la junte, en exploitant sa dépendance aux revenus pétroliers et à ses partenaires, dont la China National Petroleum Corporation (CNPC).
Moussa Kounaï : Le Visage de la Résistance Armée
Qui est Moussa Kounaï, cet homme qui ose défier le général Tiani sur son propre terrain ? Présenté comme le président du MPLJ, il incarne la frange armée de la contestation. Son discours est direct, sa détermination inébranlable. En ciblant le pipeline, il ne cherche pas seulement à paralyser l’économie, mais à envoyer un message fort à la communauté internationale et aux Nigériens : le régime de Tiani n’est pas stable et sa légitimité est contestée par les armes. La répétition des sabotages témoigne d’une capacité opérationnelle non négligeable et d’une volonté de maintenir la pression.
Les Conséquences d’une Guerre Économique
Ces attaques ont des répercussions bien au-delà des frontières nigériennes. L’oléoduc est un projet d’envergure régionale, impliquant le Bénin et des intérêts chinois. La perturbation de son fonctionnement soulève des questions sur la sécurité des investissements étrangers et la stabilité de la région du Sahel, déjà fragilisée par de multiples crises. Pour le régime de Tiani, chaque incident est un rappel cuisant de sa vulnérabilité et de la difficulté à contrôler l’ensemble de son territoire face à une opposition résolue.
Alors que le Niger cherche à consolider son pouvoir après le coup d’État, l’activisme de Moussa Kounaï et du MPLJ représente un défi majeur. La guerre du pipeline est plus qu’une simple série d’explosions ; c’est un bras de fer stratégique qui pourrait bien déterminer l’avenir politique et économique du pays.
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