Michel Barnier invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat, s'exprimant sur la situation politique.
Politique

Législatives en mars : Michel Barnier dénonce une « prise d’otage » des municipales

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Tensions politiques : Quand les législatives menacent les municipales

Dans un climat politique tendu, la menace d’élections législatives anticipées en mars, potentiellement synchronisées avec les municipales, agite la sphère politique française. Cette hypothèse, brandie par l’exécutif face aux motions de censure, est vivement critiquée par Michel Barnier, l’ancien Premier ministre, qui y voit une « prise d’otage » de la démocratie locale.

Un coup de pression de l’exécutif face aux motions de censure

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se trouve sous le feu de deux motions de censure déposées par le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI). En cause : l’accord commercial Mercosur, validé par l’UE malgré l’opposition française, et un dossier budgétaire où le consensus semble hors de portée. Pour contrer ces menaces de chute du gouvernement, l’élu de l’Eure a instruit le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, d’étudier l’organisation de législatives les 15 et 22 mars prochains, en même temps que les élections municipales. Une stratégie visant à faire pression sur les partis pivots de l’Assemblée, notamment le Parti Socialiste (PS) et Les Républicains (LR), réticents à un retour aux urnes à un an de la présidentielle.

Michel Barnier : La démocratie locale en otage

Invité du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat » ce dimanche, Michel Barnier a fermement condamné cette manœuvre. « On n’a pas peur des électeurs, il ne faut jamais avoir peur des citoyens », a-t-il déclaré, tout en précisant que la droite, par nature « responsable », n’entendait voter aucune motion de censure, ni sur le budget, ni sur le Mercosur. L’ancien commissaire européen juge la juxtaposition des scrutins législatifs et municipaux « pas juste ». Plus grave encore, selon lui, cette option « prend en otage » l’élection des maires, risquant d’affaiblir ce « rare moment de vraie démocratie, à un échelon où l’on est capable de s’entendre entre élus qui ne pensent pas toujours la même chose ». Il craint un court-circuitage du « débat municipal qui est démocratiquement très important, celui de la proximité », au profit des « divisions nationales ».

Le délicat équilibre budgétaire et les lignes rouges de la droite

Alors que le budget arrive en séance publique dès mardi, la droite se prépare à un numéro d’équilibriste. Entre son attachement à la stabilité institutionnelle et sa volonté de contenir les exigences du Parti Socialiste, elle devra faire preuve d’agilité pour faire respecter ses « lignes rouges », notamment sur l’équilibre des comptes publics. « Ce qui est exclu, c’est de continuer à augmenter les dépenses, alors qu’on n’a pas d’argent pour les payer, et qu’on s’endette et qu’on emprunte de l’argent qu’on n’a pas. Qu’on tire des chèques en blanc ou en bois sur les futures générations », a martelé Michel Barnier. Il a fustigé un manque d’ambition dans la réduction du déficit budgétaire, jugeant le laisser-aller « irresponsable » face à l’objectif de revenir sous les 5 % de déficit en 2026.

Le 49.3 et les ordonnances : Des solutions à double tranchant

Face à l’impasse, l’ancien président François Hollande a appelé à l’usage du 49.3 pour écourter les discussions budgétaires. Michel Barnier, bien que comprenant que le Premier ministre « ne peut pas faire autrement », critique la promesse initiale de ne pas y recourir et dénonce un « chantage » du PS. Il estime que « le PS a dominé la discussion, il a obtenu ce qu’il voulait et on a trop cédé », notamment sur la suspension de la réforme des retraites lors du budget de la Sécurité sociale. La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, n’exclut pas le 49.3 en « fin de débat » ni la voie des ordonnances. Cependant, Michel Barnier déconseille cette dernière option pour des raisons « juridiques » et d’inconstitutionnalité.

Un appel à la responsabilité pour l’avenir

Pour Michel Barnier, la classe politique est à un « moment de vérité » et doit « prendre ses responsabilités ». Il exhorte le Parti Socialiste à ne pas « reporter toujours sur les jeunes d’aujourd’hui les efforts qu’on n’est pas capable de faire nous-mêmes, et que l’on sacrifie toujours l’avenir au présent », paraphrasant Pierre Mendès France. Un appel clair à la lucidité et à la vision à long terme, loin des calculs électoraux immédiats.


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