L’ancien président de la République, François Hollande, a vivement critiqué la récente manœuvre de l’exécutif, qui a brandi la menace d’une dissolution de l’Assemblée nationale en cas de censure du gouvernement. Pour l’ancien chef d’État, cette perspective, évoquée en réponse aux motions de censure de La France Insoumise (LFI) et du Rassemblement National (RN), est « dénuée de sens ».
Une Stratégie Politique Contre-productive
Invité de l’émission « Questions politiques » (France Inter/Franceinfo/Le Monde), François Hollande a souligné l’importance de la stabilité politique, un rôle qu’il attribue avant tout au Premier ministre. « Le rôle d’un Premier ministre (…) c’est quand même de mettre un peu de stabilité là où il y a de l’inquiétude », a-t-il martelé, remettant en question la pertinence d’une telle menace.
L’Interférence avec les Élections Municipales
L’une des principales préoccupations de François Hollande réside dans la concomitance potentielle de législatives anticipées avec les élections municipales de mars. « On ne doit pas parler de dissolution (…) Les maires qui préparent des élections municipales se disent “mais est-ce qu’on ne va pas avoir une interférence des élections législatives sur les élections municipales ?” Donc ça n’a aucun sens », a expliqué le député socialiste de Corrèze, craignant une confusion et une déstabilisation du calendrier électoral local.
Motions de Censure et Traité Mercosur : Une Position Claire
L’ex-président a également abordé les motions de censure, les qualifiant d’« inappropriées ». Bien que l’exécutif ait agité la menace de dissolution en réaction à ces motions — notamment celles visant à protester contre la signature annoncée du traité de libre-échange avec le Mercosur sud-américain, malgré l’opposition du Parlement français — François Hollande a affirmé qu’il ne les voterait pas.
Sa justification est double : d’une part, la France a déjà exprimé son désaccord avec cet accord, comme l’avait demandé l’Assemblée nationale ; d’autre part, le débat sur le Mercosur est désormais appelé à se tenir au Parlement européen, rendant une censure nationale sur ce point superflue.
Le 49.3 : Un Recours Constitutionnel pour la Stabilité Budgétaire
À l’approche de l’examen du budget de l’État à l’hémicycle, François Hollande a réitéré son appel au Premier ministre, Sébastien Lecornu, à faire usage de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Cet article permet l’adoption d’un texte sans vote, mais expose le gouvernement à une motion de censure.
« On connaît les conditions du compromis mais je pense que sur le budget, ça suffit. Ça suffit de laisser passer du temps parce que les Français, là aussi, ils attendent un cadre » pour investir ou consommer, a-t-il argumenté, insistant sur l’urgence de doter le pays d’un cadre budgétaire stable.
Rejet des Ordonnances
En revanche, l’ancien président s’est montré catégoriquement opposé au recours aux ordonnances, prévues par l’article 47 de la Constitution. Il a qualifié cette procédure de « pas une bonne procédure » et a insisté sur le fait que le 49.3 restait la « seule qui convienne aujourd’hui » pour débloquer la situation budgétaire. « La déclaration qu’il doit faire maintenant, demain, c’est celle d’aller vers une solution pour la fin du mois », a-t-il conclu, exhortant à une résolution rapide.
Pour plus de détails, visitez notre site.
Source: Lien externe







