Sous les étoiles du théâtre de verdure, le Timitar chante l’Orient
La deuxième soirée du festival Timitar a été marquée par un dialogue musical enchanteur. L’hommage de Marwa Najy à Oum Kalthoum, interprété par l’orchestre d’Hicham Telmoudi, a été suivi par la fusion audacieuse du groupe amazigh Aza, qui a mis en valeur la tradition vivante et ouverte aux instruments et aux sonorités du présent.
Détails
La nuit du 18 décembre a été magique, avec les arbres du théâtre de verdure prêtant leur respiration au vent. La scène, mince comme un ruban doré, a capté chaque souffle, créant un ambiance unique. L’orchestre d’Hicham Telmoudi a entamé la soirée avec des mesures lentes, qui ont laissé la salle retentir de son souffle. La voix de Marwa Najy s’est élevée, claire comme un fil de soie, lorsqu’elle a chanté Oum Kalthoum. Les classiques ont pris une nouvelle couleur sous son timbre, des phrases empesées de nostalgie qui s’allongent en arabesques, des silences qui valent autant que les notes.
La fusion de Aza
Après cette parenthèse quasi liturgique, le plateau a changé d’air. Aza, le groupe amazigh venu des États-Unis, a instillé sa valise d’échos et d’inventions. Ils ont pris la tradition à bras-le-corps et la poussent en avant, comme pour vérifier jusqu’où elle peut aller. Leurs instruments traditionnels sont là, fiers, mais on entend aussi le souffle chaud du saxophone, la douceur métallique d’un violon, des nappes électroniques qui collent les sons entre eux.
Une énergie généreuse
La rencontre n’est pas un choc, c’est un dialogue, un échange qui sonne juste parce qu’il est sincère. Aza ne dépouille pas la mémoire ; ils la teintent. Le chant amazigh, parfois presque murmuré, se marie aux vents modernes et crée des paysages inédits : riffs de sax qui ressemblent à des routes, lignes de violon qui dessinent des collines, beats contemporains qui convoquent les pas de danse. Le public bascule vite dans le désir d’écouter et de bouger.
Un dialogue musical
La lumière joue son rôle d’accordeur. Elle caresse les visages, cisèle les instruments, glisse entre les branches et transforme la nuit en un tableau animé. Par moments, la scène s’éclipse et laisse la voix seule, nue, portée par l’air. À d’autres, c’est un feu d’ensemble, une fête collective où chaque musicien devient la pièce d’un puzzle plus grand.
Un message universel
Ce qui frappe, au sortir de cette deuxième soirée, ce n’est pas seulement la qualité des prestations. C’est la façon dont la tradition se donne sans se figer et comment l’innovation la respecte tout en la bousculant. Le Timitar, en offrant ce dialogue, signe une autre manière d’être ancré sans renier les racines, mais sans peur d’étirer ses branches vers le monde.
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